Présidentielle kenyane: Le retrait-surprise de R. Odinga

Présidentielle kenyane : Le retrait-surprise de R. Odinga

 

Après le retrait de l’opposant Raila Odinga du nouveau scrutin prévu le 26 octobre, y aura-t-il une élection quand même ou bien Uhuru Kenyatta peut-il être déclaré président, comme le prétend le camp du parti au pouvoir ? Où faut-il tout reprendre à zéro, avec la nomination de nouveaux candidats dans les 90 jours, ce qui repousserait l’échéance électorale à janvier 2018 ? L’opposition entend mettre à profit cet interlude pour appeler à pour poursuivre les manifestations appelant à une réforme de la commission électorale.

Seulement, le Kenya se retrouve devant une inconnue de taille ; le 1er novembre prochain expirent, de facto, les pouvoirs du président en exercice. Et la loi kényane ne prévoit rien dans le cas où aucun président n’a été élu avant ce terme. Un vide constitutionnel dont se passeraient bien les Kényans après l’incertitude de ces derniers mois. A moins, songent les plus désabusés, qu’un accord politique entre les deux camps n’intervienne d’ici-là.

Certes, Raila Odinga avait envoyé à la commission électorale mi-septembre un document d’une dizaine de pages intitulé « Minima requis indispensables avant la tenue d’une nouvelle élection » dans lequel il listait toutes les réformes nécessaires selon lui à la tenue d’un scrutin transparent, des réformes réclamées aussi quasi-quotidiennement par ses partisans dans la rue.

Mais peu imaginaient que l’opposant historique, remis en selle par la décision inédite de la Cour suprême d’annuler la réélection d’Uhuru Kenyatta, prendrait le risque de se retirer du scrutin.

Car si Raila Odinga estime que son retrait est légalement synonyme d’organisation d’un nouveau processus électoral, Uhuru Kenyatta n’a pas la même lecture des textes et a d’ores et déjà affirmé que l’élection se tiendrait le 26 comme prévu, avec ou sans Odinga.

C’est donc une fois encore la justice qui risque de devoir trancher ce nouveau bras de fer.

Ce mercredi, l’opposition comptait manifester dans le centre-ville, où les commerces n’en peuvent plus de devoir fermer leurs grilles par peur du vandalisme. Si les personnalités de Raila Odinga et Uhuru Kenyatta divisent, les Kényans se retrouvent sur une chose, la peur de l’enlisement.

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