Processus de paix en Afghanistan: Les talibans exigent le départ des GI’s
Processus de paix en Afghanistan: Les talibans exigent le départ des GI’s

Alors que les pourparlers de paix accueillis à Doha battaient leur plein les 7 et 8 juillet, sur le terrain, la tension restait vive en Afghanistan.
Les attaques menées par les talibans donnent lieu à des représailles.
Le succès de tout ce processus a un prix: le départ des GI’s, exigent les talibans.

Les déclarations de bonne volonté sur le succès des pourparlers de paix en Afghanistan, ravagé par une guerre dévastatrice de plus de 20 ans, n’ont pas de quoi bluffer les parrains qataris.
Le numéro deux des négociateurs talibans, Sher Mohammad Abbas Stanekzai, a légitimé mardi, sur Al-Jazeera, une attaque perpétrée en pleins pourparlers par les insurgés à Ghazni (sud) comme un acte de «combat pour la liberté».
Au moins 12 personnes ont été tuées et plus de 150 blessées, dont des dizaines d’enfants dans une école voisine.
En face, les forces gouvernementales ont tué, le jour même, au moins deux employés d’un hôpital de la province du Wardak (centre), dans un raid qui visait un responsable de santé taliban.
La spirale de la violence est donc loin d’être circonscrite, comme l’espèrent les négociateurs qataris pressés par les Américains, véritables ordonnateurs de l’opération.
Les choses sont claires pour les talibans qui se déclarent prêts à des négociations avec le gouvernement afghan.
Dans la balance, ils exigent la définition d’un calendrier de retrait américain précis.
La rencontre de Doha qui intervient après l’annulation d’une rencontre prévue en avril, a réuni des forces politiques et de la société civile afghane était la première encouragée par Washington entre représentants des talibans et de l’Etat afghan, en guerre depuis dix-huit ans.
Elle n’a débouché que sur une simple feuille de route, rappelant la volonté des belligérants de mettre fin à la guerre, de prévenir toute mort civile et de respecter les droits des femmes «dans le cadre des valeurs islamiques».
La rencontre avait lieu à la faveur d’une «pause» dans la septième session de pourparlers directs et exclusifs entre les talibans et Washington, engagés en septembre 2018, qui apparaissent désormais dans l’impasse.
Les talibans exigent le retrait de l’ensemble des forces étrangères présentes dans le pays, soit 22 000 soldats, dont 14 000 Américains.
Les rebelles se disent prêts à des négociations inter-afghanes sérieuses une fois le calendrier de retrait américain précis annoncé.
L’envoyé de Washington, le représentant spécial pour la réconciliation afghane Zalmay Khalilzad, est lié de son côté par la volonté de Donald Trump de retirer des troupes avant l’élection présidentielle américaine de novembre 2020.
Washington espérait un accord dès le 1er septembre, quelques semaines avant la présidentielle afghane, dont il n’est toujours pas acquis qu’elle ait lieu. L’administration américaine exige que les insurgés rompent avec Al-Qaida et ne donnent pas asile à des djihadistes capables de frapper les Etats-Unis.
Les insurgés ont accepté d’évoquer le sort des minorités religieuses et ethniques, ainsi que le cadre d’un futur gouvernement islamique.
Les représentants de l’Etat afghan sont trop heureux de revenir dans le jeu, alors que le président, Ashraf Ghani, a su résister à l’isolement auquel le contraignaient Washington mais aussi Moscou, qui orchestre des pourparlers concurrents.
A Doha, les parties afghanes ont évoqué avec gravité leurs morts respectifs, un représentant du gouvernement, Nader Naderi, déplorant lui-même les années de détention subies par plusieurs délégués talibans dans les geôles américaines de Guantanamo, après l’invasion de 2001.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.