Quand le PJD se rappelle à vous : Avant l’Aïd tout un programme et après ?

Quand le PJD se rappelle à vous : Avant l’Aïd tout un programme et après ?
C’est décidé : après mûre réflexion et des débats internes des plus intenses sur la réorientation de la gestion des affaires publiques, loin de tout autoritarisme et selon les principes mortellement salafistes d’Ibn Taïmiya que Abdelilah Benkirane, chef de file de nos islamistes bien modérés, a tenu à rappeler au grand public, le PJD a choisi l’après Aïd pour présenter son programme électoral. L’affaire est on ne peut plus étonnante venant de la part d’une formation qui a conduit l’actuelle majorité, bigarrée il faut le rappeler, et qui s’évertue à se soustraire à l’exercice bien démocratique celui-là, la présentation du bilan d’une législature. Il y a de quoi choquer, on s’en doute, dans la démarche du PJD et de son leader qui se dit prêt au grand sacrifice pourvu que l’expérience politique qu’il mène, non sans intérêts. Car cela rappelle aux uns et aux autres que les Marocains ont servi de cobayes pour la première expérience politico-gestionnaire des islamistes. Bref, comme le résume l’adage, les souris de laboratoire (heureusement pour nous que les labos en question se comptent sur le bout des doigts au vu de la misère que connaît la recherche scientifique dans le pays) ne sont autres que ces orphelins qui tendent leur tignasse à l’apprenti coiffeur en mal d’expérience. Le résultat est couru d’avance et il serait superflu de couper les cheveux en quatre pour se faire une idée précise. Regardez du côté du coût de la vie pour voir si la gestion des affaires publiques, sous-traitée en partie par les islamistes, a apporté une quelconque amélioration que ce soit pour la majorité des familles. Celles-là mêmes qui doivent gérer la rareté des ressources financières déjà promise à des ponctions à n’en plus finir. Vous avez fait grève pour protester contre une mesure injuste ? La retenue sur salaire est là pour vous rappeler qu’il ne faut plus s’amuser à vous écarter du droit chemin : avec Benkirane, il faut acquiescer et le remercier pour les économies dont il fait ainsi profiter le Trésor. Vous êtes retraité ? Vous allez sentir plus rapidement qu’il ne fallait le coût de la réforme passée au forceps en constant que votre pension est passée par le rabot. Vous êtes diplômé au chômage et exigeant quant à l’application du droit au travail ? Ou encore enseignant en formation revendiquant l’intégration de la fonction publique ? Voire même médecin interne en colère contre une paupérisation rampante ? Vous allez tout autant que vous êtes expérimenter la puissance de l’Etat qui se manifeste via une seule grammaire : la bastonnade intemporelle.
En foi de quoi, libre à chacun de faire le bilan de la « dream team » conduite par A. Benkirane, cette bête politique qui appelle à être sanctifiée au vu de ce qu’elle a pu réaliser au pays. Un endettement interne et externe qui n’a pas son égal dans toute l’Histoire du pays… Si l’on excepte les périodes creuses qui ont permis aux colons de déchirer l’Empire chérifien et, bien plus tard, aux institutions financières d’engager le fameux Programme d’ajustement structurel (PAS), une autre forme de tutelle exercée par les puissances externes que représentent les rejetons de Bretton Woods, BIRD et FMI réunis. Il est plus facile de dire que « les caisses de l’Etat » étaient vides pour se dédouaner alors que les promesses électorales du même PJD faisaient miroiter un seuil de croissance des plus solides à 7% du PIB qui aurait pu permettre au pays de se revendiquer réellement émergent. Mais las, trêve de plaisanterie ! Que les ténors du PJD ne reviennent pas à la charge pour nous seriner qu’ils sont bien armés, eux qui étaient à l’épreuve du feu du pouvoir 5 ans durant, pour piloter le pays autrement : en évitant les erreurs d’un passé récent et en fortifiant leurs positions à l’avant garde de la lutte contre l’autoritarisme, mû par des démons et des crocodiles, la corruption, la rente, la prévarication et tutti quanti… Voilà à quoi s’attendre avec le programme « new look » que présentera le PJD « new wave ». Son « new deal » étant articulé sur un dogmatisme aussi figé que rétrograde. Heureusement que cette « Maison là » a tendance à se fissurer sous l’effet de ses propres pesanteurs, comme le démontre le feuilleton des couples à rebondissements. Ni le gouvernement n’a été épargné, l’idylle Choubani-Benkhaldoun restera dans les annales, ni le bras idéologique et foncièrement puritain du PJD n’a été sauvegardé des scandales sexuels. A. Benkirane a peut-être raison d’avoir les yeux plus grands que le ventre en cherchant à rempiler. Réussira-t-il à endiguer tous les dégâts collatéraux que les dérives du « petit ventre » ont fini pas causer à l’immaculée formation islamiste et/ou islamisante ? Les paris sont ouverts…

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