Raid israélien sur la base de Homs: Fébrilité face à la reconquête de Deraa

Raid israélien sur la base de Homs

La défense antiaérienne syrienne a repoussé une attaque d’avions israéliens contre la base T4 de Homs, d’après l’agence officielle syrienne Sana. L’attaque n’a pas fait des victimes.
«Les systèmes de défense antiaérienne ont repoussé une agression israélienne. Ils ont intercepté plusieurs missiles et abattu un avion, obligeant les autres avions à quitter l’espace aérien syrien», a indiqué l’agence.

Il s’agit-là du premier forfait israélien d’ampleur contre la Syrie dont l’armée a pu réaliser une percée rapide sur le front de Deraa. Depuis le lancement de l’offensive syrienne le 19 juin dernier, Israël qui tablait sur un « cordon de sécurité » que lui assureraient les rebelles le long de la frontière du Golan se rend vite à l’évidence que ses calculs risquent de tomber tel un château de cartes. La reconquête rapide par l’armée syrienne du terrain perdu il y a quelques années s’explique par l’ampleur de la puissance de feu engagée. Mais aussi par la décision US de ne pas intervenir dans les combats.

Our rappel, la base T4, la plus grande en Syrie, n’a pas été épargnée par les raids israéliens. Le 9 avril, des missiles avaient déjà été tirés contre cette même base, tuant jusqu’à 14 combattants, dont sept Iraniens. L’Iran, la Syrie et la Russie avaient fait porter à Israël la responsabilité du raid. Le 10 février, Israël avait annoncé une attaque «de grande envergure» en Syrie, frappant 12 objectifs, après avoir intercepté un drone venu de Syrie. Il avait ouvertement dit, pour la première fois, avoir visé des cibles iraniennes. Après avoir essuyé des tirs de la défense anti-aérienne syrienne, un F-16 israélien s’était écrasé dans le nord d’Israël.

Depuis le début en 2011 du conflit en Syrie, Israël a frappé régulièrement des cibles militaires de l’armée syrienne mais aussi du Hezbollah libanais dans ce pays, mais sans dire la plupart du temps qu’il était à l’origine de ces attaques. Israël ne cesse de répéter qu’il ne permettra pas de présence militaire iranienne en Syrie.
Sur un autre plan, force est de souligner que des dizaines de milliers de déplacés sont rentrés dimanche chez eux dans le sud syrien, qui connaît un calme relatif deux jours après l’annonce d’un accord entre rebelles et régime même si de nouveaux bombardements meurtriers ont été signalés.

Les rebelles de la province de Deraa avaient finalement accepté vendredi de céder aux autorités de Damas les territoires qu’ils contrôlaient, au terme de deux semaines de pilonnage.

Négocié par Moscou, l’accord impose le désarmement des rebelles, l’évacuation de ceux qui le souhaitent vers des secteurs insurgés ailleurs en Syrie et le retour des institutions étatiques dans la région.

Depuis vendredi, l’accalmie a encouragé « plus de 60 000 déplacés à rentrer chez eux », a indiqué à l’AFP le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. « Il ne reste plus qu’entre 150 et 200 personnes » à proximité immédiate de la frontière, a noté en conférence de presse le coordinateur humanitaire de l’ONU en Jordanie, Anders Pedersen. Ces derniers jours, des dizaines de milliers de déplacés avaient trouvé refuge dans ce secteur.

La perte de Deraa représente un revers pour la rébellion, incapable de résister à l’assaut lancé par l’armée syrienne et ses alliés. D’ailleurs, l’aviation a repris dimanche matin ses raids, contre les quartiers rebelles de la ville de Deraa et le secteur limitrophe, après des tirs des rebelles près d’Oum al-Mayazin sur un convoi militaire. La localité a finalement été reconquise par les forces gouvernementales, a précisé l’agence officielle Sana. Les forces syriennes ont également repris une base aérienne au sud-ouest de la ville de Deraa.

Damas est déterminé à rétablir son pouvoir sur toute la Syrie, ravagée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 350 000 morts, et désormais morcelée.

Les insurgés contrôlent encore des pans de territoire dans le nord, où ils sont protégés par le voisin turc. Le nord-est est lui contrôlé par des combattants kurdes appuyés par Washington, tandis que la province d’Idleb est dominée par des djihadistes de l’ex-branche d’Al-Qaïda

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