Réchauffement climatique: Les incommensurables dégâts de la pollution…

Réchauffement climatique Les incommensurables dégâts de la pollution…
Réchauffement climatique Les incommensurables dégâts de la pollution…

Un vaste bilan scientifique annuel souligne, chiffres à l’appui, l’accélération, depuis deux ans, des émissions à effet de serre. De quoi perturber les travaux de la COP24 qui se déroulent en Pologne. Quelque 76 chercheurs issus du monde entier ont travaillé afin d’établir un bilan annuel des émissions humaines du gaz à effet de serre CO2 sur l’ensemble de la planète. Rédigé sous l’égide de l’organisation scientifique Global Carbon Project (GCP), ce rapport, publié mercredi dernier via notamment le magazine Nature, prévoit une nouvelle accélération (+2,7% en 2018) de cette pollution provoquée par l’homme. L’année dernière, le bilan montrait déjà une hausse de +1,6 % après trois années de stagnation.

Réunis à Katowice, les négociateurs de 200 pays ont deux semaines pour finaliser les règles d’application des précédents sommets internationaux sur le climat, dont l’Accord de Paris signé en 2015. Celui-ci intimait aux nations signataires de limiter le réchauffement actuel de la planète provoqué par les gaz à effet de serre, dont le CO2 au premier plan. Il donnait ainsi pour cadre un maximum de +2°C de hausse de température moyenne par rapport à l’ère préindustrielle, c’est-à-dire il y a 150 ans.

Or les niveaux records de concentration de CO2 dans l’air ambiant (+45% en un siècle et demi) montrent que le monde évolue contre cette volonté.

La conclusion du rapport du GCP fait d’ailleurs écho à un autre comité d’experts, le Giec, sur lequel les décideurs s’appuient pour établir leurs politiques. Dans un rapport publié en octobre dernier sur la possibilité de limiter à +1,5°C le réchauffement, les climatologues soulignaient l’obligation de faire chuter, d’ici à 2030, ces émissions humaines de CO2 d’environ 50% par rapport à leur niveau de 2010. « L’augmentation des émissions en 2018 nous place sur une trajectoire bien au-delà des +1,5°C », a indiqué Corinne Le Quéré, directrice du Tyndall Centre for Climate Change Research (université de East Anglia), à la tête de cette étude. Autant dire que l’Accord de Paris est menacé.  La scientifique va jusqu’à faire le lien entre l’enjeu futur et l’actualité des incendies records de novembre en Californie. Ces feux ne sont « qu’un aperçu des impacts croissants auxquels nous serons confrontés si nous ne réduisons pas rapidement nos émissions », assure-t-elle.

Pour établir leur suivi, les chercheurs scrutent l’ensemble du système climatique, dans lequel l’océan et la surface des continents (ou biosphère terrestre) absorbent la moitié du CO2 ajouté par l’homme à l’atmosphère. Chacune est à lire au sein d’une fourchette comportant parfois plusieurs degrés d’incertitude. Mais globalement, les chiffres pointent un nouveau record d’émissions en « raison de la croissance soutenue de la consommation de pétrole et de gaz », note le GCP dans son rapport.

Le GCP accompagne ses chiffres d’un grand nombre de graphiques. Par rapport à 2017, l’Asie représente la locomotive des premiers pays pollueurs en 2018. La Chine (+4,7 % après +1,7% il y a un an) accélère moins vite que l’Inde (+6,3% contre +4%), deux pays où la hausse de consommation électrique va de pair avec une augmentation de l’usage de centrales au charbon, souligne le rapport.

Les Etats-Unis aussi sortent des clous en 2018 (+2,5% contre -0,5% l’année précédente). Ils restent, de loin, le pays qui pollue le plus au monde si l’on rapporte le volume de pollution à la population avec 16,2 tonnes de CO2 par habitant en 2017 (contre 7 pour la Chine et l’Europe, et 1,8 pour l’Inde). Premier pollueur dans le passé, le continent européen fait presque figure de bon élève aujourd’hui : le rapport y évoque une réduction de -0,7%… après la hausse de +1,8% notée l’année dernière.

 

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