Réconciliation inter-palestinienne: Abbas à Gaza dans un mois

Le huis clos du Caire entre le Hamas et le Fatah a débouché, mercredi, sur à un accord censé concrétiser la réconciliation inter-palestinienne annoncée la semaine passée. Exit donc les dix ans de mésentente qui affectait plus le peuple palestinien meurtri dans sa chair par les agressions israéliennes et bafoué dans ses droits par un occupant qui fait de la colonisation un trait de sa politique. Si rien n’a encore filtré quant à la teneur de l’accord scellé, ni ses détails, il faut croire que les questions les plus ardues, comme le contrôle de la sécurité dans la bande de Gaza et le sort des 25 000 hommes du bras armé du Hamas, devraient revenir à l’examen en commissions ad hoc.

L’accord permettra à l’Autorité palestinienne, entité internationalement reconnue supposée préfigurer un État palestinien indépendant, d’élargir  l’exercice de son pouvoir, limité actuellement à la Cisjordanie, occupée par Israël, pour intégrer la bande Gaza. Le Hamas qui gouverne la bande de Gaza sans partage depuis qu’il en a évincé l’Autorité palestinienne au prix d’un conflit armé avec le Fatah en 2007, a accepté le deal. A l’annonce de l’accord, le Fatah a déclaré que le président palestinien Mahmoud Abbas se rendrait à Gaza d’ici un mois.

Les divisions palestiniennes sont considérées comme un des principaux obstacles à un règlement du conflit israélo-palestinien. Le Caire qui a accueilli le huis clos entre le Hamas et le Fatah n’a pas manqué de le rappeler. Quoi que tout prête à croire que le processus d’Oslo est mort-né, même aux yeux des négociateurs palestiniens désabusés par l’attitude butée de Tel-Aviv.

En tout cas, le Premier ministre Rami Hamdallah avait foulé le 2 octobre dernier le sol de la bande de Gaza pour la première fois depuis 2015. Il avait été accueilli par des milliers de Gazaouis espérant qu’une réconciliation soulagerait leur quotidien. Le lendemain, Rami Hamdallah avait tenu le premier conseil des ministres à Gaza depuis 2014.

La visite de Rami Hamdallah était censée matérialiser les efforts de réconciliation et préparer le terrain à un transfert des pouvoirs, au moins civils, du Hamas à l’Autorité palestinienne.

L’enjeu le plus immédiat de ces pourparlers est le sort des deux millions de Gazaouis, éprouvés par trois guerres avec Israël depuis 2008, les blocus israélien et égyptien destinés à contenir le Hamas, la pauvreté, le chômage et les pénuries récemment aggravées d’eau et d’électricité.

En tout cas, Israël n’a pas manqué de réagir à cette évolution saluée par les Palestiniens. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a prévenu que son pays n’accepterait de traiter avec un gouvernement parlant au nom de toutes les factions palestiniennes que si le Hamas démantelait son bras armé, rompait avec l’Iran et reconnaissait Israël. Conditions a priori irrecevables pour le Hamas.

L’administration de Donald Trump, qui cherche à relancer l’entreprise de paix, a dit «suivre attentivement» l’évolution de la situation et répété que tout gouvernement palestinien devait renoncer à la violence et reconnaître Israël.

Mahmoud Abbas a implicitement admis l’écueil, en soulignant les «différences idéologiques et politiques» entre le Hamas et l’Autorité. «Quand ils voudront rejoindre l’OLP (Organisation de libération de la Palestine internationalement reconnue et chapeautant l’Autorité), ils devront souscrire à la politique de l’OLP».

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