Remaniement obsessionnel ou lubie médiatique ?

Allal El Maleh
Allal El Maleh

Tout va bien dans le meilleur des mondes… On n’aura pas attendu longtemps pour voir le chef du gouvernement pérorer sur les multiples acquis dont sa « dream team » a pu négocier âprement les termes révolutionnaires  au profit des Marocains. Pour le restant de leurs jours, la majorité silencieuse, n’a plus à s’inquiéter de quoi que ce soit. Saad Eddine El Othmani est bien là, en chair et en os, pour voler à leur secours. Le héro hollywoodien « Superman » n’a qu’à bien se tenir. Il a suffi que les Casablancais râlent pour que l’ordre parte depuis Rabat pour livrer, enfin, le pont à haubans. La belle affaire ! Et pour tous ceux qui doutent encore de l’engagement de l’Exécutif choisi pour servir les intérêts de la nation et de la peuplade qui la compose, il ne faut pas remonter plus loin dans le temps pour les rassurer quant à la promptitude de la réaction gouvernementale.

Par la grâce d’on ne sait quel saint auquel se voue notre honorable ministre de l’Agriculture, le prix des oignons (qui a flambé en ces premiers jours de ramadan, une affaire de cycle de production mal réglé explique-t-on), est revenu sur terre. Devant le sérieux d’Aziz Akhannouch, il n’y pas de quoi s’offusquer davantage des tirades un tantinet grotesques du trublion ministre des Affaires générales… Lahcen Daoudi qui peine à convaincre sur le dossier des hydrocarbures a brûlé ses cartes. Définitivement. C’est la raison pour laquelle il n’a pas hésité à fulminer, au sein même de l’hémicycle, lorsque des élus osèrent le mettre devant l’évident renchérissement des prix durant le mois où une sacrée aversion pour la consommation s’empare des Marocains. Pince sans rire, n’a-t-il pas claironné qu’il ne fallait pas que le pays aille jusqu’à sécher les oignons pour contenter la ménagère.

Dispose-t-il pour autant de la technologie nécessaire à toute lyophilisation, est-on tenté de lui rétorquer ? Mais passons, ce n’est vraiment pas là nos oignons. Car là où le Marocain moyen larmoie, s’il ne pleure pas à chaudes larmes, c’est bien lorsqu’il épluche les dossiers qui font mal… Pour un pays indépendant depuis 1956.

Que pourrait nous dire le chef d’orchestre de la « dream team » gouvernementale lorsqu’il est question d’évoquer la question de la réforme de l’enseignement ? Rien. Car il n’a même pas le courage de reconnaître que les siens, c’est-à-dire nos islamistes « has been », nagent à contre-courant. En voulant priver les Marocains de l’accès au savoir scientifique et technique en langue étrangère. Lui qui a été recalé par trois fois en présentant au Roi un draft lié à la réforme de la Formation professionnelle, bafouille toujours dans les chiffres qui meublent un bilan qu’il présente plus quantitatif que qualitatif.

Pourtant, chacun des citoyens marocains sait que sans une bonne école, un solide enseignement et un parfait encadrement des élèves, mieux vaut entonner la prière de la mort… Non à l’endroit d’un secteur aussi capital que le système éducatif que l’on accompagne à la dernière demeure, mais à l’encontre de tout un pays qui se trouve à l’article de la mort!

Verdict sévère ? Que nenni ! Sans ressources humaines valables, rien ne se redressera dans le Royaume, ni la courbe du PIB, ni les indicateurs de développement durable. Triste à dire, certes. Mais il fallait le dire.

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