Répression sanglante en Irak: Le Président appelle les policiers à la retenue
Répression sanglante en Irak: Le Président appelle les policiers à la retenue

Une marche de protestation inédite dénonçant la corruption endémique du pays a marqué l’actualité irakienne. Il y a eu mort d’hommes.
Ce qui a forcé le chef de l’Etat à réagir pour exiger des forces de l’ordre plus de retenu. Est-ce suffisant pour calmer les esprits rebelles ?

En Irak, des manifestations contre la corruption et pour réclamer emplois et services publics ont été réprimées par la police, mardi 1er octobre.

À Bagdad, la capitale, les forces de l’ordre ont violemment dispersé le premier mouvement social d’envergure auquel est confronté le gouvernement en place depuis près d’un an.
Un civil a été tué et plus de deux cents personnes blessées – cent soixante civils et quarante agents des forces de l’ordre –, a annoncé le ministère de la santé irakien.

Un autre manifestant a été tué dans la province de Zi Qar, dans le sud de l’Irak.
Deux autres manifestants et vingt-cinq membres des forces de l’ordre ont par ailleurs été blessés, a indiqué le directeur de la santé de la province, Abdel Hussein Al-Jaberi.

À Bagdad, plus d’un millier de manifestants s’étaient réunis.
« Les voleurs nous ont pillés », ont scandé les protestataires, dont le pays est ravagé par la corruption et les guerres, et touché par une pénurie chronique d’électricité et d’eau potable depuis des années.
Les forces de l’ordre ont fait usage de canons à eau, de grenades lacrymogènes et ont tiré des balles en caoutchouc sur la foule.
Des journalistes de l’AFP ont également vu les forces de l’ordre tirer à balles réelles d’une haute tour désaffectée qui surplombe la place Tahrir, point de rendez-vous traditionnel des manifestations, et le pont Al-Joumhouria, qui mène à la « zone verte » où se trouvent l’ambassade américaine et le Parlement.
Traditionnellement, les cortèges prennent la direction de la « zone verte », mais ils étaient jusqu’en juin interdits d’accès par des murs de béton et des barrages militaires.
Depuis, la zone a été ouverte à tous et les autorités craignent une entrée des manifestants, qui pourraient paralyser les institutions qui s’y trouvent.

L’Irak est le douzième pays le plus corrompu du monde selon l’organisation non gouvernementale Transparency International.
Selon les instances officielles, la corruption a englouti, depuis la chute du régime de Saddam Hussein en 2003, au moins 410 milliards d’euros, soit quatre fois le budget de l’Etat et plus de deux fois le produit intérieur brut (PIB) de l’Irak.

Parmi les manifestants, mardi, certains appelaient sous une nuée de drapeaux irakiens à lancer un sit-in illimité et à maintenir la mobilisation jusqu’à obtenir « la fin de l’injustice » et « des services et des emplois ». D’autres ont aussi appelé à « la chute du régime ».
Outre les slogans réclamant du travail pour les jeunes – dont le taux de chômage de 25 % est deux fois supérieur à la moyenne nationale – et des services publics, des manifestants brandissaient des affiches de soutien au général Abdel Wahab Al-Saadi.
Ce dernier, patron du contre-terrorisme, des unités d’élite créées et armées par les Américains, a été mis à l’écart la semaine dernière par le premier ministre Adel Abdel Mahdi, provoquant une levée de boucliers contre une décision vue par des observateurs comme favorable aux factions pro-Iran en Irak.

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