Restrictions religieuses Les remontrances US contre le Maroc
Restrictions religieuses Les remontrances US contre le Maroc

Si les restrictions religieuses ont augmenté de manière générale, elles n’enregistrent pas la même hausse en fonction des régions. La région Moyen-Orient-Afrique du Nord a désormais le niveau de restrictions religieuses le plus élevé.
Le Maroc n’est pas exclu des critiques du Pew Research Center.

La décennie 2007-2017 a été marquée par une recrudescence des restrictions religieuses, émanant aussi bien du cadre législatif que du pouvoir politique, et se traduisant par des actions des représentants de l’Etat limitant les croyances et les pratiques religieuses.
C’est ce que constate le Pew Research Center dans son 10e rapport sur «l’évolution des restrictions gouvernementales en matière de religion et des hostilités sociales impliquant une religion, de 2007 à 2017», publié lundi 15 juillet.

Le think tank américain souligne que «les hostilités sociales liées à la religion – y compris la violence et le harcèlement de particuliers, d’organisations ou de groupes – se sont multipliées depuis 2007», année où le Pew Research Center a commencé à se pencher sur les restrictions religieuses dans le monde.
Les données compilées dans le rapport montrent notamment que le score moyen des limites imposées par les gouvernements aux activités religieuses en Europe a doublé depuis 2007, et le score moyen des pratiques de harcèlement provenant des gouvernements dans la région Moyen-Orient-Afrique du Nord a augmenté de 72%.
De plus, le nombre de pays dont une partie de la population est en proie aux niveaux les plus élevés d’hostilités sociales impliquant la religion sont passés de 39 à 56 durant la décennie 2007-2017.
Des restrictions en hausse mais qui varient en fonction des régions géographiques
Dans le détail, la région Moyen-Orient-Afrique du Nord a désormais le niveau de restrictions religieuses le plus élevé selon les huit indicateurs sélectionnés par le Pew Research Center.

C’est sur le front du favoritisme des groupes religieux que le Maroc obtient le score le plus élevé, à savoir 8 en 2007 contre 10 en 2017, l’islam étant religion d’Etat, suivi des limites imposées aux groupes religieux, avec un score de 6 en 2007 et 8.1 en 2017.
Ce sont principalement les Marocains de confession chrétienne qui font l’objet de discriminations de la part des autorités.
De plus, en matière de loi et de politiques sur les restrictions religieuses, le royaume recueille un score de 6.3 en 2007 contre 7 en 2017.
Ses scores s’affichent également à la hausse dans la catégorie du harcèlement à l’égard des groupes religieux (2.4 en 2007 et 5.5 en 2017) ; des hostilités manifestées à l’égard de normes religieuses (4.0 en 2007 et 5.0 en 2017) ; du harcèlement contre des groupes ou des individus isolés (0.9 en 2007 et 4.2 en 2017).
En revanche, ils s’affichent à la baisse en termes de violences et de tensions interreligieuses (4.4 en 2007 et 1.1 en 2017) et de violences religieuses menées par des groupes organisés (4.2 en 2007 et 0.8 en 2017).

Le Maroc récolte également un score de 4.9 dans l’index des restrictions (GRI) et 3.7 dans celui des hostilités sociales (SHI) en juin 2007, contre 7 pour le premier index et 3 pour le second en décembre 2017.

Le Pew Research Center note que l’une des plus fortes augmentations de la dernière décennie s’est produite dans d’autres régions, notamment l’Europe – où de plus en plus de gouvernements imposent des limites vestimentaires aux femmes musulmanes. En France, le port du burkini sur les plages a été à l’origine de débats houleux.
En 2017 également, rappelle le think tank, le maire de la commune de Lorette avait interdit le port du voile et du burkini sur la plage du plan d’eau.

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