La rigueur attend le prochain gouvernement

La rigueur attend le prochain gouvernement
A quelques semaines des législatives, les partis politiques se succèdent à étaler les promesses comme des panneaux de réclame. Au moment où le gouverneur de BAM ne cache pas sa « peur bleue », aucun politique n’est sorti dire que le plus dur est à venir.
A quelques mois de la constitution de la nouvelle majorité issue du scrutin du 7 octobre, le futur Exécutif aura certainement du pain sur la planche. Si l’heure est celle des discours flatteurs, il faut dire que dès sa constitution la prochaine équipe gouvernementale va devoir se confronter au plus dur : éviter la catastrophe. Une catastrophe du genre perte de souveraineté financière et retour des institutions de Breton Woods avec un nouveau programme d’ajustement structurel (PAS). Ceux qui soutiennent le contraire n’ont qu’à jeter un œil sur les ratios alarmants que la dette publique a atteint, mais aussi à écouter les warnings en provenance de fins connaisseurs de la réelle situation financière et économique du pays à l’image du gouverneur de la Banque centrale, Abdellatif Jouahri. Invité à la dixième édition du colloque des finances publiques, il a fait preuve d’un alarmisme sans précédent en faisant part de ses vives inquiétudes quant à un certain nombre de points qui pourraient menacer la soutenabilité des finances publiques, à commencer par la régionalisation. Le Wali de BAM, connu pour peser ses mots avec soin, a eu recours à des mots forts pour exprimer « sa peur bleue » de la mise en œuvre de la régionalisation avancée. Il craint que ce chantier amorcé, mais qui doit être achevé par la prochaine équipe gouvernementale ne soit un « gouffre financier ». Mais, il n’y a pas que ce dossier qui inquiète A.Jouahri. Comme s’il était en train de dresser le tableau des taches qui attendent le gouvernement, il est revenu sur les principales missions et tâches urgentes qui attendent le gouvernement prochain. Parmi les points sur lesquels il est revenu, on trouve celui de la « réforme » de la retraite. Regrettant implicitement son quasi-ajournement en estimant qu’il fallait y aller « une fois pour toutes » en profondeur et dans la globalité. Cependant, il va falloir encore attendre le nouveau gouvernement pour la relancer ce chantier. Une perte de temps déplorable qu’on aurait pu s’éviter.
Dans le même sillage, A. Jouahri a mis l’accent sur la nécessité de réussir la mise en place de la loi organique de finances. Une autre mission des plus difficiles, de son point de vue, puisqu’elle reste tributaire d’«une mise à niveau profonde du système d’informations comptable et budgétaire compte tenu du niveau de transparence exigé par cette loi». Et d’illustrer ses propos en rappelant l’évaluation du patrimoine de l’Etat, qui deviendra une obligation à partir de 2020, et qui requiert une information détaillée encore en souffrance. Toujours sur le volet des pressions sur les finances du Trésor, le Wali a, tout en saluant la décompensation, déploré la non répercussion de la baisse de cours du pétrole sur les prix des carburants. Estimant que la réforme de la compensation est encore inachevée, il a souligné que le grand défi aujourd’hui est de l’élargir aux produits de base faisant ainsi allusion aux produits subventionnés (butane, sucre et farine) qui représentent 60 % du budget de la compensation (2015). Prenant en compte l’impératif de garder la paix sociale, il a concédé à ce propos que la tâche s’avère des plus difficiles.
D’une manière générale, le gouverneur de la banque centrale a appelé à plus d’optimisation et à une rationalisation des dépenses du Trésor préconisant, au passage, une revue générale à l’image de ce qui a été accompli en France en 2007. Outre l’optimisation, il s’est attaqué à une des plus importantes problématiques qui se posent avec acuité à s’avoir « l’efficacité des dépenses et le rendement de l’investissement public ».
Partant du fait que les cinq dernières années qui viennent de s’écouler n’ont pas été celles du progrès et de la prospérité et que, bien au contraire, la plupart des secteurs de la vie nationale ont subi stagnation et régression. Autant dire qu’un redressement s’impose comme la première mission du prochain gouvernement. Des dossiers brûlants attendent les politiques qui distribuent les promesses, espérons qu’ils ne nous disent pas après l’élection : demain, on rase gratis !

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