Riyad fait la guerre à ses chiites: Awamiyeh, un amas de ruines…

Riyad fait la guerre à ses chiites: Awamiyeh, un amas de ruines…

Qu’est-ce qui se trame exactement en Arabie Saoudite pour que de rares images qui circulent dans les médias montre l’ampleur des dégâts occasionnés par les raids sur Awamiyah, ville de 30.000 âmes située à 390 km à l’est de Ryad dans la riche province pétrolière de Qatif ? Si les sécuritaires du Royaume wahhabite préfèrent communiquer sur leurs faits d’arme au Yémen, là où ils ciblent les houthis, pro-iraniens dans la rhétorique guerrière de Riyad, ils gardent un silence assourdissant sur ce qui se trame dans cette ville dont le tort est d’être peuplée de chiites et d’avoir vu naître l’opposant Nimr al-Nimr, leader religieux chiite exécuté janvier 2016 – peu après l’accession au pouvoir du roi Salman ben Abdelaziz – pour avoir réclamé des réformes démocratiques.
Le quotidien britannique The Independent a brisé l’omerta médiatique occidentale en révélant que la ville est en état de siège depuis trois mois et qu’une partie de sa population résiste aux forces spéciales et aux bulldozers. Selon des témoignages, près de 25 personnes auraient été tuées dernièrement par des tirs de blindés et de snipers.
En juin dernier, à Qatif, quatre opposants chiites accusés de terrorisme avaient été exécutés et la police saoudienne a tué Amin al-Hani, dirigeant du Conseil coranique (brûlé dans l’incendie de son véhicule à Awamiyah).
The Independent note que la répression qui s’est abattue sur Awamiyah a été déclenchée après la visite de Donald Trump à Ryad en mai dernier et sa réunion avec plus d’une centaine de chefs d’Etats musulmans.
Pour rappel, seul le Canada avait réagi à cette vaste chasse à l’homme déclenchée par les Saoudiens contre leurs propres compatriotes en usant d’armes, des blindés pour l’essentiel, livrés à Riyad par les Canadiens.
– Les Libyens entendent éloigner les bateaux de sauvetages travaillant à l’ouest de la Méditerranée pour secourir les migrants au-delà de ses eaux territoriales. La marine libyenne à Tripoli a communiqué, jeudi dernier, un texte émanant des autorités et destiné aux ONG actives sur la route Ouest des migrations provenant de Libye. Un document qui précis » les limites des zone de recherche et de secours accessibles aux ONG qui devront désormais avoir des autorisations en bonne et due forme pour accéder aux eaux territoriales libyennes.
Signataire de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, dite de Montego Bay, Tripoli tente d’écarter les bateaux des ONG jusqu’à l’espace maritime international, sauf autorisation express de ses autorités compétentes. « Nous avons délimité la zone de recherches et de sauvetages des migrants suivant une ligne qui peut aller, par endroits, jusqu’à 190 milles marins, soit presque 360 kilomètres de la côte [1 mille =1 852 mètres NDLR], explique Ayoub Kassem, porte-parole de la marine libyenne qui dépend du gouvernement de Tripoli.
C’est une zone qui se situe derrière la zone économique. Elle est très vaste et elle nous appartient selon la loi internationale. Mais, puisque la Libye n’a pas la capacité de couvrir cette immense zone, nous ne voyons pas d’inconvénient à ce que certains nous viennent en aide ».
Mais cela doit se faire en coordination avec l’Etat libyen et dans le respect de sa souveraineté, poursuit Ayoub Kassem. « Ces ONG venaient parfois jusqu’à 13, 12, 11 et même 10 milles marins des côtes… Dans les eaux territoriales, donc. Nous n’avons pas procédé à leur arrestation, et nous n’avons pas appliqué les lois en vigueur : nous les avons juste avertis, à plusieurs reprises, en les laissant libres. Mais ces organisations n’ont pas respecté la souveraineté libyenne. Elles croient qu’elles sont au-dessus des lois tant qu’elles travaillent sous couverture des droits de l’Homme ».
La circulaire annoncée jeudi par Tripoli restreint le champ d’action des ONG.

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