Route de la soie: L’Amérique s’allie pour contrer la Chine

Route de la soie: L’Amérique s’allie pour contrer la Chine

 

Les Etats-Unis s’allient à l’Australie, au Japon et à l’Inde pour envisager une route de la soie «alternative».  Les dirigeants des quatre pays préfèrent en parler comme d’une « alternative» à la route de la Soie chinoise, plutôt que comme une « concurrence ». Objectif, créer un réseau d’infrastructures destiné à concurrencer la route de la Soie développée par la Chine et à limiter ainsi l’influence croissante de Pékin, indique lundi l’Australian Financial Reviewen citant un haut responsable américain.

Un responsable qui s’exprime sous le sceau de l’anonymat assure que ce projet n’est encore qu’à l’état « embryonnaire » et ne devrait pas faire l’objet d’une annonce officielle lors de la visite du Premier ministre australien Malcolm Turnbull aux États-Unis cette semaine. Cette idée figurera cependant au menu des discussions entre Turnbull et le président américain Donald Trump.

Les dirigeants des quatre pays préfèrent en parler comme d’une « alternative » à la route de la soie chinoise, plutôt que comme une « concurrence », a ajouté le responsable américain. « Personne ne dit que la Chine ne devrait pas construire des infrastructures », a-t-il expliqué. « La Chine pourrait construire un port qui n’est pas économiquement viable. Nous pourrions le rendre économiquement viable en construisant une liaison routière ou ferroviaire. »

Le but n’est pas de concurrencer Pékin. Le Japon compte pour sa part utiliser son programme d’aide au développement pour promouvoir une « stratégie indo-pacifique libre et ouverte » incluant des « infrastructures de haut niveau », selon un projet de résumé de son livre blanc 2017 sur l’aide au développement. Interrogé lundi sur ce projet, le secrétaire général du gouvernement japonais, Yoshihide Suga, a assuré pendant une conférence de presse qu’il ne s’agissait « en aucun cas d’un moyen de concurrencer la route de la soie chinoise ». Cette stratégie a néanmoins reçu l’appui de Washington qui y voit aussi un moyen de répondre à l’ambitieux projet poussé en avant par Pékin depuis 2013 et visant à relier une soixantaine de pays.

En mai 2017, lors de son lancement en grande pompe à Pékin, le président chinois Xi Jinping s’est engagé à investir 124 milliards de dollars dans des projets d’infrastructure en Asie, en Afrique et en Europe. Le mois dernier, la Chine a en outre proposé son extension au cercle polaire arctique grâce au développement des voies maritimes devenues praticables en raison du réchauffement climatique. Les ambitions de Pékin ont incité les États-Unis, le Japon, l’Inde et l’Australie, réunis depuis une dizaine d’années dans un groupe surnommé « Quad », à renforcer leur coopération en matière de sécurité et à se coordonner pour proposer leurs propres projets d’infrastructures. Les quatre pays se sont notamment concertés en novembre dernier en marche du sommet de l’Asean (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) à Manille.

 

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