Sahara marocain: El-Guerguerate, la ligne de fracture?

Sahara marocain: El-Guerguerate, la ligne de fracture?
En décidant son retrait unilatéral de la zone d’El Guerguerate dès dimanche, le Maroc a fait prévaloir la voie de la raison en montrant à la communauté internationale qu’il s’interdit de mettre le feu aux poudres, comme escompté par ses adversaires. Une position responsable qui n’empêche pas les bout-en-feu de crier victoire, les éléments du Polisario s’étant précipités à occuper les positions abandonnées par le Maroc.
Une situation qui complique, à n’en point douter, la mission des Nations Unies dans la région, la Minurso étant en charge de superviser le cessez-le-feu. Car nul n’ignore que dans les « zones-tampon » que le Maroc a pris sur lui de définir, et sur lesquels le Polisario joue à la provocation militaire, sont le résultat d’une démarche marocaine plus conciliante à l’égard du voisin algérien, celui-là même qui abrite et soutient la sécession sahraouie, quand bien même le Royaume avait fait valoir, par le passé, le recours éventuel au « droit de poursuite ».
Le retrait unilatéral d’El Guerguerate intègre l’approche globale qui a toujours marqué sa politique de voisinage où la négociation supplante la confrontation militaire et ne doit nullement être assimilée à une quelconque faiblesse dans la cuirasse.
Les FAR étant constamment sur la brèche pour défendre l’intégrité territoriale en cas de menace. Et c’est pour administrer une preuve de plus de la pertinence de son choix vis-à-vis du voisin de l’Est que le Royaume a décidé d’épargner à la région de basculer vers l’inconnu, comme bien des aventuristes poussent à le faire.
Le Maroc considérant par dessus tout les liens fraternels qui l’unissent au peuple algérien déjà en proie à une situation socio-économique et politique des plus inconfortables. Rabat témoigne, une fois de plus, que ses décisionnaires se refusent à jouer aux apprentis-sorciers et s’interdisent de tirer profit d’une quelconque faiblesse de ses voisins pour avancer ses pions.
Le message royal qui a été bien compris à l’ONU est aussi destiné aux pays africains frères qui ont soutenu son retour dans le giron de l’Union africaine, comme à ceux qui doutent encore de la sincérité de son afro-optimisme habitués qu’ils sont à donner du crédit à la machine diplomatique algérienne et à sa propagande anti-marocaine.
C’est dans la paix que le Maroc est retourné en Afrique et non plus dans un esprit revanchard dont l’objectif présumé serait de « casser la baraque ». En témoignent le nombre incessant d’accords de partenariats et de coopération mutuellement avantageux dont le Roi lui même supervise la signature.
El Guerguerate ne saurait être appréhendée comme une ligne de fracture, le Continent africain souffre assez pour voir basculer la région nord-africaine dans l’instabilité, mais plutôt comme un signal fort d’une volonté de paix.
Paris et Washington saluent…
Les premières réactions à l’attitude raisonnable adoptée par Rabat ne se sont pas fait attendre. En effet, les USA et la France ont salué l’annonce par le Maroc de son retrait unilatéral de la zone d’El Gurgarate dans les provinces sahariennes.
Depuis Rabat, l’ambassade américaine s’est manifestée via un communiqué. « Nous saluons la décision marocaine d’un retrait unilatéral de son personnel de la zone tampon de la région d’El Guerguarate en soutien à la demande du Secrétaire Général » de l’ONU, lit-on dans le communiqué. L’ambassade dit avoir pris note de la déclaration rendue publique samedi par le Porte-parole du Secrétaire Général de l’ONU concernant la situation dans la zone d’El Guerguarate.
Pour sa part, la France a souligné qu’il s’agit d’un geste important en vue d’un apaisement, prenant en compte la stabilité et l’intérêt de la région.
« La France appelle toutes les parties à faire preuve de responsabilité en retirant de manière inconditionnelle et immédiate les éléments armés présents dans la même zone, conformément aux accords de cessez-le-feu », a déclaré le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères Romain Nadal.
La position de la France vis-à-vis du dossier saharien a été réaffirmée à cette occasion. Paris affichant toujours son « soutien à la recherche, sous l’égide des Nations unies, d’une solution juste, durable et mutuellement agréée au Sahara, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies », tout en considérant que « le plan d’autonomie marocain de 2007 constitue « une base sérieuse et crédible à cette fin ».
Ces réactions seront sans le moindre doute suivies d’autres pour louer la démarche marocaine. Celle qui entend tout faire pour que la région fasse l’économie de tout dessein aventuriste conçu par les va-t-en guerre.

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