Sanglant attentat en Iran: Téhéran promet une riposte fulgurante

Sanglant attentat en Iran Téhéran promet une riposte fulgurante
Sanglant attentat en Iran Téhéran promet une riposte fulgurante

Au moins 27 personnes ont été tuées et 13 autres blessées dans un attentat-suicide perpétré contre les Gardiens de la révolution dans le sud-est de l’Iran, indique l’agence Fars. Une attaque suicide a détruit un bus transportant des Gardiens de la révolution islamique dans la province iranienne de Sistan-et-Baloutchistan.


L’agence Fars a par la suite indiqué que l’attentat avait été revendiqué par le groupe Jaish ul-Adl opérant dans la région et basé au Pakistan.
Cité par l’agence ISNA, le vice-président iranien Eshaq Jahangiri a déclaré que suite à cet attentat «la détermination nationale en faveur d’une lutte acharnée contre le terrorisme deviendra plus résolue que jamais».
La base régionale des forces terrestres des gardiens a attribué l’attaque à des djihadistes sunnites, « agents des services de renseignement liés à l’arrogance occidentale », désignant ainsi les Etats-Unis et leurs alliés régionaux, Israël et l’Arabie saoudite. Le groupe djihadiste Jaich Al-Adl (« l’Armée de la justice ») a revendiqué l’attentat.
Cette province rétive compte une large communauté de musulmans sunnites d’ethnie baloutche, dans un pays à majorité chiite. Jaïch Al-Adl avait revendiqué, depuis fin janvier, quatre attaques mineures contre les forces de sécurité, dont l’une avait tué un gardien de la révolution, le 2 février.


Ce groupe, au discours anticolonial et antichiite, a été formé en 2012 par d’ex-membres de Jundallah, une organisation sunnite extrémiste active jusqu’en 2010. Jaïch Al-Adl s’est fait connaître par des enlèvements de gardes-frontières, à la frontière irano-pakistanaise, mais il était depuis plusieurs années en perte de vitesse.
Des réseaux djihadistes sunnites issus des zones frontalières kurdes et arabes avaient mené, en juin 2017 et en septembre 2018, deux attentats dans la capitale, Téhéran, et à Ahvaz (sud-ouest), sous la bannière de l’organisation Etat islamique (EI), qui avaient fait respectivement 23 et 24 morts. Mais la province baloutche, la principale région sunnite du pays, n’avait pas encore connu de telles violences.
Depuis plusieurs années, Téhéran a accru la militarisation de sa frontière ainsi que de la province, tout en pressant Islamabad de lutter contre les bases arrières des djihadistes sur son territoire. Jeudi 14 février, le président Hassan Rohani a répété cet appel, sans cependant nommer le Pakistan : « Si ces pays ne sont pas en mesure d’arrêter les terroristes, nous nous réservons le droit d’agir », a-t-il averti.
Les institutions religieuses sunnites de la région font l’objet de pressions de la part des forces armées, après avoir soutenu le président modéré Hassan Rohani, durant l’élection présidentielle de 2017. Cette région déshéritée subit le coup d’arrêt au développement du port de Chabahar, dont Téhéran entendait faire un « hub » pour le trafic maritime régional, notamment avec l’Inde. Censé désenclaver l’Afghanistan voisin, ce port avait bénéficié d’une exemption de sanctions de la part de Washington, après le retrait des Etats-Unis de l’accord international sur le nucléaire iranien, en mai 2018. Mais les perspectives d’investissements se sont largement réduites.
A rappeler que cette attaque meurtrière coïncide avec l’ouverture, à Varsovie, de la conférence co-organisée par la Pologne et les Etats-Unis sur la paix et la sécurité au Moyen-Orient. Cet évènement avait dans un premier temps été clairement présenté par le secrétaire d’Etat américain comme un rassemblement de forces pour contrer la menace iranienne. Une prise de position qui a créé la division notamment parmi les pays européens et qui a compliqué l’organisation de cette conférence. Les alliés des Etats-Unis au Moyen-Orient ont répondu présents et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu a même salué le ministre des Affaires étrangères omanais.
Lorsque le ministre iranien des Affaires étrangères évoque la réunion de Varsovie, c’est pour fustiger ce qu’il appelle « l’obsession » des Etats-Unis concernant l’Iran.
Ce mercredi à Téhéran, a vivement rejeté la vision de Washington et de ses alliés au Moyen-Orient, selon lesquels la République islamique déstabiliserait la région. « Si vous voulez parler missiles, parlons missiles ! Parlons de ceux qui ont le plus de missiles dans cette région ! Netanyahu vient de dire que les missiles israéliens ont une plus longue portée. Pourquoi personne ne s’inquiète de cela, alors qu’il a un passé d’agressions ? Il dit pouvoir annihiler l’Iran et je ne vois personne s’en soucier en Europe. Alors, s’ils veulent aborder ces sujets, nous leur demanderons pourquoi ils ont envoyé 100 milliards de dollars d’armement rien que l’année dernière dans notre région ? Pourquoi avez-vous tout fait pour que cette région soit prête à exploser ? », interroge le chef de la diplomatie iranienne. Pour Mohammad Javad Zarif, ce sont les Etats-Unis qui apparaissent aujourd’hui isolés, après leur retrait de l’accord nucléaire.

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