Allal El Maleh
Allal El Maleh

Au sein de l’Exécutif que pilote El Othmani, on trouve bien des membres qui donnent l’impression de pouvoir se couler dans le moule des artistes. Mais ce n’est qu’une impression. Même si l’œil des caméras qui font le buzz pour ceux qui le cherchent nous a montré quelques ministres prompts à jouer du tambourin dès que l’occasion se présente à eux. Face aux troupes folkloriques, par exemple, un Lahcen Daoudi a du mal à se retenir. On a même pu voir le patron de l’Exécutif, lui qui donne l’impression de faire partie de la coterie des coincés, se déhancher avec la retenue qui sied aux « foukaha » squattant les mosquées au son des tambours. On ne lui tiendra pas rigueur de ne pas singer le Statti endiablé ou encore le Hajib dévergondé… Quoique.

Rigide un jour, coincé toujours. C’est le leitmotiv auquel s’accroche l’actuel Exécutif qui ne semble guère vibrer marocain. Ou pour être plus clair (sans clin d’œil pour le Khalfi des mauvais jours), le gouvernement ne semble guère ressentir ce que les Marocains, ceux qui l’ont propulsé là où il cogère les affaires du pays, ressentent au fond d’eux-mêmes : une immense amertume. Et une incommensurable défiance. Alors que les médecins marchent pour défendre leurs droits, comme le font aussi les enseignants (sans lesquels la réforme et de l’enseignement et de son pendant formation professionnelle, ne saurait aboutir), l’Exécutif reste coincé dans son attitude butée au lieu de chercher à dégager les solutions qui s’imposent. Plus, dans sa rigidité, il n’hésite pas à avaliser les projections des sécuritaires qui ne pensent à gérer les débordements des rues que par le recours à la bastonnade. Où est l’intelligence dans tout ça ? Assurément pas nichée là où elle devrait être. Nos gouvernants ne sont plus cette élite qui a réponse à tout et qui, à l’amont, pense à tout. Tout au plus valent-ils ce qu’ils sont déjà alors qu’ils croient être infatués par la seule chance qui leur a sourit via les isoloirs. Qu’ils s’estiment heureux que les Marocains ne se déplacent pas massivement aux urnes…

Face à cette procrastination qui n’a pas d’égale, on a vu que nombre de décisions cardinales leur échappent des mains pour se placer dans un autre pré-carré qui, fort heureusement, est encore là pour assurer un semblant d’équilibre à une société au bord de l’implosion. Pour dénoncer cette incurie-là, crade à souhait, faut-il s’étonner à ce que les artistes et autres intellectuels montent au créneau pour appeler à libérer les enfants du Rif que le tour de vis répressif risque de livrer pieds et poings liés aux dérives du communautarisme. Les artistes ont raison de faire écho à ce que leur sensibilité exige d’eux. Pourvu que les ondes qu’ils dégagent de la sorte puissent être ressenties par les décideurs. Pour rendre justice aux enfants du Hirak du Nord, de l’Oriental et du Sud…

PS : On a oublié, sciemment, un illustre mélomane qui fait équipe avec l’Exécutif actuel en jouant du oud avec maestria. C’est ce que révèlent ses aficionados. Puisse son commerce déteindre sur les constipés de l’Exécutif qui ne cherchent qu’à plaire au lieu de faire le nécessaire : servir leur pays et par dessus tout les gens qui le meublent.

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