Statistiques au service du développement: La fiabilité à l’ordre du jour
Statistiques au service du développement: La fiabilité à l’ordre du jour

S’il est vrai que l’on peut faire dire aux données statistiques la chose et son contraire, nul ne saurait faire l’impasse sur leur importance.
Le séminaire organisé récemment à Rabat a permis de mieux cibler problématiques et besoins liés aux statistiques.

Au Maroc, le système public de production statistique s’est développé et s’est diversifié sur les dernières années. Plusieurs institutions et départements publics remplissent la fonction de collecte systématique de l’information et de production statistique qui, jumelées à des modèles économétriques sophistiqués, permettent aujourd’hui de faire des simulations approfondies sur des réalités économiques complexes, instables et volatiles évoluant dans un contexte d’incertitude.
Cependant, la problématique de l’accès aux données économiques et statistiques ainsi que l’asymétrie d’information à laquelle sont confrontés ces acteurs, est de nature à biaiser les calculs et modèles économétrique qui sont à la base des politiques publiques menées par l’Etat.

C’est dans ce contexte qu’un séminaire réunissant un parterre de scientifiques, de chercheurs et de représentants d’établissements publics s’est tenu en vue de débattre et de s’interroger sur le niveau d’adéquation des systèmes d’information nationaux et des systèmes de modélisation avec les impératifs du développement humain et durable dans le contexte marocain.
Organisé par le Collège Etudes stratégiques et développement économiques de l’Académie Hassan II des Sciences et Techniques, en partenariat avec Bank Al-Maghrib (BAM), le ministère de l’Economie, des finances et de la réforme de l’administration, du Haut Commissariat au Plan (HCP) et l’Observatoire national du développement humain, ce séminaire est axé sur plusieurs thématiques liées à une production de l’information économique au service du développement.

Dans une allocution lue en son nom à l’ouverture de ce séminaire, Mohamed Benchaaboun, ministre de l’Economie, des finances et de la réforme de l’administration, a affirmé que la mise en place de systèmes d’information coordonnés, conformes aux normes internationales permettrait d’obtenir un avantage comparatif décisif dans des environnements et des marchés de plus en plus concurrentiels.
M. Benchaaboun a relevé que les systèmes d’information coordonnés, conformes aux normes internationales, fiables et capables de répondre aux besoins récurrents et émergents, tant en quantité qu’en qualité, sur les plans national et régional permettent l’obtention d’un «avantage comparatif décisif dans des environnements et des marchés de plus en plus concurrentiels».
Le ministre a, dans ce sens, relevé que l’accès à l’information est non seulement un outil de pilotage des politiques publiques mais également «un facteur de production», dans la mesure où il contribue à la prise de décision pour créer sur le marché des produits de grande valeur ajoutée et pour éclairer les décideurs sur des choix stratégiques à la faveur d’un développement durable et inclusif.
Conscient de l’importance primordiale de la statistique et de l’information pour tout processus de développement, le Maroc a déployé, depuis ces dernières décennies, des efforts importants en vue de consolider et d’améliorer constamment son système d’information national au service de la dynamique réformatrice qu’il a empruntée, a précisé le ministre.
Il a, à ce propos, noté que «le développement d’un système d’information fiable, riche et cohérent, basé sur une nouvelle culture du dialogue et de concertation entre les fournisseurs de l’information et les utilisateurs de celle-ci, se pose avec plus d’urgence face au défi qu’impose l’essor sans précédent des technologies du numérique, particulièrement dans le contexte actuel caractérisé par la révision à l’œuvre de notre modèle de développement». Et de rappeler que la mise en place d’un système d’information performant figure parmi les préoccupations majeures du Ministère, particulièrement, à travers la mise en partage d’une mine d’information contenue dans la banque de données MANAR-Stat avec le grand public.
Cette ouverture, qui est une avancée au Maroc, est en phase avec les choix stratégiques du pays en matière de démocratisation d’accès à l’information tel que garanti par la constitution, a t-il conclut.

Pour sa part, le Wali de Bank Al-Maghrib (BAM), Abdellatif Jouahri, a mis en avant l’importance de la disponibilité de données économiques et statistiques fiables, compte tenu de l’ampleur de la tâche que constitue la production statistique pour une meilleure prise de décision publique.
La statistique officielle est obtenue à l’issue d’un processus rigoureux de collecte et contribue à la détermination des besoins, au suivi et l’évaluation des politiques publiques ainsi qu’à la prévision des évolutions économiques et sociales, souvent par le biais de modèles sophistiqués qui sont très exigeants en matière de données, a souligné A. Jouahri. Ce dernier a rappelé, à l’occasion, l’importance de l’information pour la prise de décision, notant que le Maroc jouit, en comparaison avec ses pairs, d’une bonne position en matière de développement de son système statistique, en étant parmi les premiers pays des régions Afrique et MENA à adhérer à la Norme Spéciale de Diffusion des Données du Fonds monétaire international (FMI).
C’est dans ce sens que A. Jouahri, à la tête d’une institution qui, selon lui, est à la fois productrice et grande utilisatrice de données, mais aussi qui a recourt de manière intensive à la modélisation économique, a mis l’accent sur la nécessité de l’amélioration de la production des données économiques quantitatives infra-annuelles, tout en soulignant l’importance de revoir le cadre légal du système statistique national régi par des textes qui remontent à 1968, et de ses exigences en termes de ressources humaines et financières.
«Pour un système aussi décentralisé que le nôtre, il est nécessaire de mettre en place un cadre et des instances à même d’assurer une plus forte coordination de ses différentes composantes, d’établir les priorités en matière d’opérations à réaliser et d’instaurer des règles et des politiques claires en termes de production, de diffusion et d’accessibilité», a-t-il préconisé.

Le secrétaire général du Haut-Commissariat au Plan (HCP), Ayache Khellafe, a indiqué de son côté que le HCP, principal producteur de l’information statistique démographique, économique et sociale, n’a cessé de développer son système d’information pour répondre aux besoins des acteurs économique, social et institutionnel en matière d’éclairage des politiques publiques.
Ce développement, a-t-il dit, est opéré de manière continue en prenant en considération, entre autres, également les engagements internationaux du Maroc en matière des agendas de développement, les orientations de développement retenus par les acteurs publics, privés et de la société civile et l’organisation institutionnelle et territoriale qui régit la gestion de développement dans notre pays.

Dans cet esprit, le HCP procède régulièrement à l’actualisation de ses opérations statistiques, à la réalisation d’opérations nouvelles et à la mise en œuvre de réformes méthodologiques d’envergure, appuyés par l’utilisation de nouvelles technologies (collecte assistée par ordinateur, lecture automatique des documents, le SIG), a-t-il conclu.
Outre l’expérience marocaine, des expériences développées dans d’autres pays ou par des institutions internationales ont été présentées, notamment par Gabriel Gamez (Nations Unies), Jean-Paul Aimetti, Professeur émérite du Conservatoire National des Arts et Métiers et Président de l’Académie des sciences commerciales (France), Bertrand Loison, Directeur adjoint à l’Office fédéral de la statistique (Suisse), Bernard Billaudot Professeur émérite, Université Grenoble (France).

Pour rappel, le Système statistique national se positionne parmi les systèmes avancés grâce à l’expérience marocaine acquise et à la mise en place d’instruments sophistiqués de modélisation et de prévisions.
Pour parfaire son développement, les institutions participant à ce séminaire ont émis le souhait de mettre en place des outils statistiques appropriés et innovants afin de répondre, au mieux, aux différents enjeux de la trajectoire de développement du pays.

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