Stratégies sectorielles : Le succès appelle à la cohérence

Stratégies sectorielles : Le succès appelle à la cohérence
Si un taux de croissance, relativement soutenu durant les 15 dernières années, a été le lot du pays, c’est bien grâce à des projets sectoriels plus au moins aboutis. Toutefois, ces stratégies buttent toujours sur plusieurs défis qui appellent à être surmontés. A commencer par l’atout de la cohérence.
Dans sa quête d’émergence, le Maroc a ouvert les voies durant le nouveau règne à des réformes majeures dans le but de réussir sa transition économique et sociale. De nombreuses stratégies ont vu le jour dans les secteurs sociaux (éducation, santé, couverture sociale) et économiques (Plan Maroc vert, le plan émergence et sa mise à jour d’accélération, les Différentes visions touristiques…), ainsi que des réformes transversales ( la réforme fiscale, la réforme de l’investissement, la réforme de l’administration, la lutte contre la corruption)… Des réformes structurelles qui ont permis de maintenir à flot face aux différentes crises économiques et sociales qui ont secoué le monde, et aussi le hisser en tant que modèle régional sur la voie d’un développement sûr. Cependant, malgré l’importance des investissements consentis, l’efficience de cet effort n’est pas au rendez-vous comme le confirme la problématique de l’emploi, le chômage affectant particulièrement les jeunes et les femmes avec ce que cela charrie comme pauvreté et exclusion. Voilà donc la première entrave à l’émergence du pays. Sur ce point, le Royaume a des marges importantes de développement à assurer et ainsi être en phase avec les avancées de tel ou tel secteur. Dans ce sens, le développement du capital humain, la promotion de la concurrence sur les marchés, et surtout le renforcement de la bonne gouvernance sont les missions qui incombent aux différents acteurs politiques, économiques et sociaux dans une démarche consensuelle. Les diverses orientations stratégiques doivent se soumettre aux fourches caudines de cette approche. Certes, on peut s’enorgueillir des 6,7 % de croissance agricole en moyenne entre 2008 et 2015 grâce aux 34 Mrds investis dans le cadre du Plan Maroc Vert. Et tirer gloriole des 13 Mrds sur 20 alloués à l’accélération industrielle qui permettra, projette-t-on à terme, de densifier les filières, d’apporter le plein-emploi, de rééquilibrer les comptes extérieurs, et soutenir l’intégration de l’informel… Mais au regard des chiffres et autres indicateurs, par manque de cohérence et de bonne gouvernance, ces plans n’ont pas permis à l’économie d’atteindre sa croissance potentielle ni de passer à la phase de l’émergence. Les statisticiens chiffrent à 3 points du PIB le manque à gagner dû à ces carences avec ce que cela comporte en matière d’exclusion sociale et territoriale. Dans ce sens, et au-delà de tous les miasmes politico-politiciens, le défi majeur reste d’épouser une vision stratégique globale en conformité avec les principes directeurs édictés par la Constitution de 2011. S’astreindre à une cohérence transversale entre les réformes envisagées et rechercher une convergence des différentes stratégies vers la vision adoptée, voilà l’exercice du salut. Surtout lorsqu’il est partagé par tous…

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici