Suivi des élections : Le PJD joue la carte de la victimisation

Suivi des élections : Le PJD joue la carte de la victimisation
A la demande des chefs des partis politiques, les deux ministres coprésidents de la commission de suivi des élections, à savoir celui de l’Intérieur Mohammed Hassad et celui de la Justice et des Libertés Mustapha Ramid, une réunion de consultation autour du déroulement de la campagne électorale a eu lieu. Constat global : la campagne se déroule dans une ambiance normale. Néanmoins, si M.Ramid est du même avis que M.Hassad, il semble que ce n’est pas le cas du directeur de campagne du PJD Abdelhaq El Arabi. Ce dernier déplore « une montée des ingérences des agents de l’autorité dans le processus électoral ».
A moins de 3 jours du clap de fin de campagne électorale, la commission gouvernementale chargée du suivi des élections s’est réunie avec les chefs des partis politiques. En présence des deux ministres qui coprésident cette commission, il a été constaté que malgré les informations en provenance des différentes régions du pays évoquant certains dépassements, la campagne se déroule dans des conditions normales. Bien qu’il y ait des heurts ici et là, rien de grave n’a été signalé. Mieux, comparativement avec les précédentes campagnes, notamment celles de 2011, un communiqué de l’Intérieur relève qu’il y a eu une nette amélioration, notamment, en ce qui concerne la mobilisation citoyenne. A ce propos, la même source indique que depuis le 24 septembre et jusqu’au 4 octobre, 9.100 meetings, rencontres et réunions publiques se sont tenus, enregistrant la présence d’environ 540.000 personnes, soit le double qu’en 2011. S’agissant des plaintes soumises à l’administration territoriale sur des dépassements et infractions aux règles et réglementations électorales, ledit communiqué indique qu’elles étaient de 110 contre 490 en 2011 et 1 240 pour les élections communales et régionales de l’année dernière. Se basant sur ces chiffres, le ministre de l’Intérieur qui s’exprimait devant la presse à l’issue de ladite réunion de consultation, a souligné que « rien n’a été retenu contre les agents d’autorité », pourtant, « accusés par plusieurs partis dans nombre de régions d’intervenir dans la campagne » imputant cela « aux mesures préventives prises par son département pour assurer la neutralité de l’administration ».
Idem, pour M.Ramid qui a pris la parole par la même occasion pour fournir ses propres chiffres. En termes de plaintes, ce dernier avance un chiffre inférieur à celui de l’Intérieur. Celles qui ont été déposées entre les mains des procureurs, sont au nombre de 77, dont 51 ont été classées sans suite, 20 sont toujours en cours d’instruction et 6 déférées devant les tribunaux.
Mais ce qui reste incompréhensible, c’est le double discours du PJD. Au moment où Ramid acclamait et approuvait les données avancées par son collègue de l’Intérieur, le directeur de campagne de son parti (PJD), Abdelhaq El Arabi, développe un autre avis. En effet, dans des déclarations faites au site officiel du parti (pjd.ma) A.El Arabi fustige « l’habituelle ingérence des agents de l’Etat dans le processus électoral » qui a connu une « nette montée cette année ». Ces interventions qui sont, selon lui, « en faveur du PAM » et qui « visent directement le PJD ont proliféré et concernent tout le territoire » !
Pour autant, un tas de questions s’impose : est-il vrai que le ministère de l’Intérieur s’acharne contre le PJD et favorise le PAM ? Pourquoi Ramid n’a rien évoqué de cela devant les autres formations politiques lors de la réunion de la commission gouvernementale ? Pourquoi n’a-t-il pas fait part de cette montée des interventions des agents de l’Etat devant la presse ?… Une seule réponse s’avère convaincante : le PJD fait du discours de victimisation sa principale arme de communication.

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