Chronique: faut-il y croire ?
Chronique: faut-il y croire ?

Avec plus de 40 millions d’âmes, il est illusoire de croire que l’Algérie est condamnée à la stérilité.
Une réalité factice que le système en place, depuis l’indépendance à nos jours, n’a eu cesse de marteler.
Fidèle en cela à la démarche de Goebbels qui consiste à asséner à l’infini des contre-vérités afin qu’elles prennent le contre pied de la réalité.

Féconde, l’Algérie dont le système s’est évertué à vouloir ligaturer les trempes, n’en finit pas d’ovuler depuis des décades pour accoucher, souvent dans la douleur, de nouvelles formes de vie.
L’absence de démocratie que l’Armée a mis en chantier, en accouchant d’un Etat (et non l’inverse, comme le soutiennent historiens et algérianistes), a conduit à la décennie noire et au concert de désolations qu’une telle période sombre a pu charrier dans son sillage depuis la fin du siècle dernier.
Sauf que le système, sanglé dans son uniforme kaki, n’aura négocié une transition que pour mieux inféoder à lui un pouvoir civil en trompe l’œil.
C’est la vertu du cousu main et du «sur mesure», comme se plaisent à le conter les plus récalcitrants au processus de domestication largement usité «at home».
La loyauté d’une classe politique mise au pas se mesurait à l’aune de l’acceptation des termes d’une équation politique des plus triviales: laisser faire une nomenklatura qui tire le meilleur des richesses du pays, les pétrodollars alimentant une rente redistribuée dans une inégalité scandaleuse à l’échelle nationale (les procès qui ont accompagné le Hirak pour mieux le museler sont consubstantiels de ce système qui ne peut se régénérer qu’en mangeant crus les siens, toute honte bue, et sans égards pour les dégâts collatéraux ainsi engendrés).

Résultat des courses, de puissants généraux ont été mis sur le banc de touche s’ils n’ont pas été tout simplement placés dans le box des accusés, d’anciens ministres croupissent en prison pour corruption et autre concussion, des dignitaires subissent la loi d’airain qui finira pas les déposséder de fortunes mal acquises et des politiques sont condamnés au cachot pour complot.
Bien entendu, la justice dont l’indépendance se mesure à l’aune des ordres téléphonés, comme le soulignent les défenseurs de la liberté en Algérie même, n’est instrumentalisée que pour mieux régénérer un système à bout de souffle.
Lequel a choisi pour négocier l’actuel tournant, marqué par un Hirak massivement réfractaire à la supposée panacée de la Présidentielle qui a culminé le « 12/12 » par un très fort taux d’abstention, en re-mettant en selle un septuagénaire, le mal nommé de ce côté-ci Tebboune Abdelmajid.

Que pourrait suggérer celui qui occupe une fonction matricielle aux enfants de l’Algérie qui aspirent à l’avènement d’une deuxième République susceptible de garantir au pays une réelle indépendance non seulement par rapport à l’étranger, mais aussi et surtout par rapport à un système des plus pesants qui tel un lest empêche la jeune nation de se projeter dans l’avenir ?
Rien d’autre qu’un remake d’un statu quo ante qui a poussé les algériens à battre le pavé pour empêcher un Bouteflika grabataire de mourir de sa belle mort sur le Trône de la République.
Dès lors, les Algériens marcheront encore et encore pour que leur septuagénaire de Président, intronisé par défaut, cède la place aux revendications du Hirak que le système est dans l’incapacité de neutraliser que ce soit par la ruse ou par la force brute.
Un Tebboune Président, mais encore, diraient les plus désabusés par l’évolution de la situation algérienne.

Du côté marocain, la réaction non officielle, celle qui fait honneur au mal nommé chef de l’Etat algérien, emprunte au logiciel de la gynécologie obstétrique ses projections. Et s’interroge sur la période d’ovulation et ses facteurs inhibiteurs.
Tout en ovationnant le soulèvement de tout un peuple contre un système qui bloque le développement de son propre pays en le murant dans ses errements incapacitants.

Triste constat… Pour un pays dont la fécondité se trouve obstruée par le système Tebboune désormais en place.
Lequel recyclera à n’en plus finir un monologue que la machine médiatique s’évertuera à présenter sous les oripeaux d’un dialogue national. Quel dommage !

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