Tension dans le Rif: Gouvernement et élus de la région d’Al-Hoceima se mobilisent

En dépit de la mobilisation officielle, secondée par des contacts entrepris par la société civile avec les manifestants, la situation est encore loin d’avoir retrouvé le calme. La parenthèse de la contestation reste toujours ouverte dans la ville d’Al Hoceima puisque des centaines de personnes ont de nouveau battu le pavé dans la nuit de lundi à mardi, sans incident notable. Regroupés dans le quartier de Sidi Abed, les manifestants qui se sont regroupés après la rupture du jeûne ont appelé à la « libération » des détenus du « Hirak ». Les forces anti-émeutes encore visibles dans la ville se sont contentées de la veille jusqu’à la dispersion du rassemblement avant minuit.
A Rabat, au siège de la Primature, une réunion entre les élus de la région et une bonne brochette de ministres, présidée par le chef du gouvernement, a permis de réévaluer la situation qui prévaut dans le Rif avec pour objectif d’initier des démarches communes en vue de contenir la colère sociale qui gronde toujours. Commentant cette réunion qui s’est étalée trois heures durant, Saad Eddine El Othmani a souligné le caractère positif d’une telle démarche à laquelle a appelé le gouvernement même si les échanges entre les divers intervenants ont été, bien des fois, houleux. Ilyas El Omari, Président de la région et chef de file du PAM, s’est contenté, de son côté, de louer l’initiative.
A Al Hoceima, des représentants de la société civile et membres d’organisations des droits de l’homme avaient pris part, lundi soir, à la manifestation pour « faire un état des lieux » de la situation et tenter d’entamer un dialogue avec les contestataires.
Selon des observateurs, la mobilisation a baissé en intensité depuis trois jours à Al-Hoceima. Il faut dire que l’Etat a engagé une course contre la montre pour rattraper le retard constaté au niveau de sa gestion de la crise, loin de l’option sécuritaire. Des efforts en matière de communication sont ainsi entrepris dans le but de siphonner la contestation.
Sur un autre plan, il y a lieu de rappeler que depuis le 26 mai, une quarantaine de personnes, dont Nasser Zefazfi ont été interpellées et déférées devant la justice. Vingt d’entre elles ont été présentées au parquet à Casablanca et placées en détention notamment pour « tentative d’homicide volontaire, atteinte à la sécurité intérieure, incitations contre l’intégrité du royaume (…) et autres crimes ». Nasser Zefzafi et six de ses compagnons sont placés en détention préventive dans la prison de Oukacha, selon une décision du juge d’instruction près de la Chambre criminel de la Cour d’Appel de Casablanca dans la nuit de lundi à mardi 6 juin.

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