Tension diplomatique entre Londres et Téhéran: Surchauffe contenue ?

Tension diplomatique entre Londres et Téhéran: Surchauffe contenue ?
Tension diplomatique entre Londres et Téhéran: Surchauffe contenue ?

Que de remous ont suivi la guerre des arraisonnements des tankers opposant Iraniens et Britanniques.
Londres exprime son « extrême déception » mais souhaite dans le même temps un «apaisement» des relations avec l’Iran.
Téhéran réagit en dénonçant l’attitude de Londres, «auxiliaire du terrorisme économique des États-Unis», qui à son tour condamne la «surenchère de la violence» iranienne.

Depuis la capture d’un pétrolier britannique dans le détroit d’Ormuz, les postures diplomatiques semblent se crisper de part et d’autre.

Samedi 20 juillet, en fin de journée, le chef de la diplomatie britannique a dit souhaiter un « apaisement » des tensions avec l’Iran à l’issue d’une réunion interministérielle de crise consacrée à la saisie d’un pétrolier britannique par la République islamique.

« Le Royaume-Uni a réaffirmé son désir de désescalader mais a confirmé que Stena Impero avait été saisi dans les eaux d’Oman, ce qui était clairement contraire au droit international », a écrit sur Twitter le chef de la diplomatie britannique.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Jeremy Hunt, candidat au poste de Premier ministre, a indiqué un peu plus tôt dans la journée avoir fait part à son homologue iranien Mohammad Javad Zarif de son « extrême déception » quant à la saisie par l’Iran d’un pétrolier battant pavillon britannique.
« Je viens juste de parler au (ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad) Zarif et ai exprimé mon extrême déception qu’après qu’il m’eut assuré samedi dernier que l’Iran souhaitait désamorcer la situation, ils agissent dans le sens opposé », a déclaré M. Hunt sur Twitter.
« Les navires britanniques doivent être et seront protégés », a-t-il ajouté.
En réaction, toujours sur Twitter, Mohammad Djavad Zarif a appelé Londres à cesser d’être « un auxiliaire du terrorisme économique des États-Unis » et a rappelé que, d’après son pays, la saisie avait pour objectif d’enforcer les lois maritimes.
Londres considère la saisie du pétrolier britannique Stena Impero dans le golfe Persique une « atteinte inacceptable à la liberté de navigation » et prévient que sa réponse à cet incident sera « réfléchie mais robuste » avec des conséquences sérieuses si la situation n’est pas rapidement résolue.

Donald Trump, de son côté, s’est refusé à dire si avec ce dernier incident, Téhéran avait franchi la ligne rouge.
Le président américain a commenté devant des journalistes à la Maison Blanche que cela prouvait, selon lui, que l’Iran n’apportait « que des problèmes, rien que des problèmes ».
Il a aussi rappelé que les États-Unis ont un accord de sécurité avec les Britanniques.
Le commandement central militaire américain, lui, dit être en train de développer une réponse maritime internationale pour sécuriser les voies maritimes du Moyen-Orient.
Le Pentagone, qui craint qu’une erreur de jugement n’entraine un conflit involontaire, souhaite néanmoins promouvoir la stabilité et contribuer à la désescalade des tensions afin de retrouver une navigation sécurisée dans le détroit d’Ormuz.

De leurs côtés, les diplomaties françaises et allemandes ont appelé à ce que le Stena Impero soit libéré dans « les plus brefs délais ».
Pour Berlin, « une nouvelle escalade serait très dangereuse pour la région » alors que le Quai d’Orsay met en garde : « Une telle action nuit à la nécessaire désescalade des tensions dans la région du Golfe ».
Paris ajoute : « Nous condamnons fermement et exprimons notre pleine solidarité avec le Royaume-Uni ».
L’Union européenne a exprimé samedi après-midi sa « profonde préoccupation » et mis en garde contre toute « nouvelle escalade ». L’UE réclame la « libération immédiate » du pétrolier et de son équipage, et appelle à la « retenue afin d’éviter des tensions supplémentaires », soulignant que « la liberté de navigation doit être respectée en tout temps ».
« Dans une situation déjà tendue, ce développement alimente les risques de nouvelle escalade et sape les efforts en cours pour trouver un moyen de résoudre la crise actuelle », ajoute le service de la diplomatie européenne dans un communiqué.
Téhéran tente depuis le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien d’internationaliser la crise alors que les effets des sanctions américaines contre le pays commencent à peser durement sur son économie.

Les GI’s en Arabie:

Pour faire face à l’Iran, D. Trump va positionner des soldats américains du côté de Riyad. Un mouvement de troupes inédit depuis les deux guerres du Golfe (1991 et 2003).
« Le roi Salmane […] a donné son accord pour accueillir des forces américaines afin d’accroître le niveau mutuel de coopération pour défendre la sécurité de la région et sa stabilité, et garantir la paix », a indiqué vendredi le ministère de la Défense saoudien.
Cela « aura un effet dissuasif supplémentaire et renforcera notre capacité à défendre nos troupes et intérêts dans la région face à des menaces émergentes et crédibles », a indiqué le Centcom, l’état-major interarmées responsable des opérations militaires américaines dans le Golfe.
Le nombre de troupes américaines qui seront déployées en Arabie saoudite n’a pas été dévoilé, mais il s’agirait selon des médias américains de 500 soldats qui seraient stationnés sur la base aérienne Prince Sultan, proche de Riyad.
En visite jeudi sur la base aérienne de Prince Sultan, le chef du Centcom, le général Kenneth McKenzie, s’est engagé à « travailler énergiquement » pour assurer la sécurité du transport maritime dans le Golfe.
Sa visite est survenue au lendemain du blocage par la Chambre des représentants des États-Unis d’une vente d’armes de 8,1 milliards de dollars au royaume saoudien et à d’autres alliés, une décision à laquelle le président US devrait probablement opposer son veto.

L’administration Trump est sous pression au Congrès pour avoir répondu de façon trop conciliante, selon plusieurs de ses membres, à l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Kashoggi au consulat saoudien à Istanbul en octobre dernier.
Le Congrès américain avait déjà approuvé début avril une résolution exhortant D. Trump à cesser toute assistance à la coalition menée par l’armée saoudienne, qui intervient depuis 2015 dans la guerre au Yémen contre des rebelles proches de l’Iran.
Depuis l’intervention de la coalition, ce conflit a fait près de 10 000 morts et provoqué « la pire crise humanitaire au monde », avec des millions de personnes au bord de la famine, selon l’ONU.

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