Un thé politique chez Benkirane: Sans beignets ni purée de fèves…

Un thé politique chez Benkirane: Sans beignets ni purée de fèves…Un thé politique chez Benkirane: Sans beignets ni purée de fèves…
En 2011, les Marocains étaient friands en informations sur les islamistes qui, pour la première fois, allaient se révéler comme une réelle force politique avec laquelle il va falloir désormais compter. Normal, la gauche avait choisi de faire profil bas en prenant soin de s’abriter des bourrasques de « vent » qui agitaient le monde arabe… Alors que la monarchie, faisant preuve d’une prodigieuse proactivité, s’est bien replacée sur le terrain politique en offrant un train de réformes que la nouvelle Constitution devait charrier… Une ouverture qui a été mise à profit par les frères de Benkirane pour damer le pion aux plus vieux acteurs de la politique marocaine, Istiqlal et USFP confondus. Se prévalant d’une « virginité » en terme de conduite des affaires du pays, les islamistes que l’on s’empressa d’affubler de « light », ou encore de « modérés » furent sous la loupe d’une élite déboussolée comme de la masse. Ils allaient être auscultés sous toutes les coutures. On faisait grand cas de quelques figures de proue du PJD attablés autour d’une théière avec un plat de beignets tout chauds qui ne demandaient qu’à être croqués. Ou encore de quelques ministres qui n’hésitaient pas à plonger, le temps d’un déjeuner sur le pouce, un quignon de pain dans un bol de purée de fèves. Voilà des « responsables » qui se revendiquent du peuple, avec des goûts du peuple et des manières évidemment « populistes ». Car tout cela était bien orchestré, la blogosphère se chargeant de relayer des messages simplistes mais terriblement efficaces. Même l’image d’un Driss Jettou, Premier ministre qui vola au secours des aviculteurs en piochant une cuisse lors d’une réception médiatisée, s’est vite démonétisée face à un Chef de gouvernement qui commande des sandwichs pour l’équipe auprès d’un célèbre « brochettiste » de l’Agdal, ou encore en invitant ses ministres à une « couscous party »… Et l’on ne parle pas des budgets drastiquement réduits pour la décoration florale de bien des ministères.
De tout cela, les Marocains sont revenus aujourd’hui. Même si le Chef du gouvernement qui rempile assure ne rien posséder sur cette terre au point d’inviter les siens à lui réserver les quelques mètres carrés suffisants pour sa dépouille pour qu’il puisse faire le grand voyage la paix dans l’âme. Sauf que cette paix-là, revendiquée et assise sur des valeurs ancestrales que l’on exhume pour le vulgus pecum, comme vous et moi, s’avère d’une élasticité déroutante chez nos islamistes au pouvoir. Allez demander des comptes à un Lahbib Choubani qui a géré tout un budget dédié au dialogue avec la société civile dans l’opacité la plus totale. Heureusement qu’il y eut l’éclaircie qui allait permettre à Benkirane de divorcer avec le couple gouvernemental qui risquait de transformer le Méchouar en court de récréation. Le scandale avait été vite étouffé pour permettre au « jeune couple » d’aller exercer ses galipettes loin de la capitale, à Errachidia pour être exact. Mais la popularité du PJD et de ses hommes et femmes n’allait pas être affectée par la série de scandales qui émaillèrent la vie d’une formation politique et de son pendant idéologique. Car « la théorie du complot » est passée par là. Au même titre que la quête mystique d’une lutte contre le « tahakkoum », phénomène qui résume à lui seul la capacité manœuvrière des frères remontés qu’ils sont contre un « Etat profond » disent-ils.
Assistera-t-on, une fois encore, à cet étalage « facebookien » de populisme à la veille de la constitution du cabinet Benkirane III ? L’Histoire ne se répète pas… A moins que, à moins que… Mais toujours est-il intéressant de relever que le leader du PJD fait preuve d’une réelle retenue qui tranche avec la grammaire politique dont il a habitué les Marocains. Pour les « Thé Party » auxquelles nombre de leaders politiques ont été conviés, crocodiles, diables et « tahakkoum » ne meublent plus le discours de Benkirane. Puisse-t-il continuer sur cette lancée… Serait-ce trop demander ?

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