Les tractations d’A. Benkirane s’inscrivent dans la durée : La coalition suspendue à la décision de l’USFP ?

Les tractations d’A. Benkirane s’inscrivent dans la durée : La coalition suspendue à la décision de l’USFP ?
Cela fait un mois que le Chef du gouvernement désigné, Abdalilah Benkirane, a entamé les consultations politiques tous azimuts en vue de former sa nouvelle majorité. Un long mois qui a rétabli la configuration de la scène politique du début des années 90 avec une « Koutla » qui ne fait pas l’unanimité en son sein – l’USFP ne joue pas la même mélodie- d’un côté et des partis de l’ « entente nationale » qui s’opposent à la présence du PI de l’autre. Quel avenir pour les tractations menées tambour battant par A. Benkirane alors que l’USFP hésite s’il ne temporise pas ? Selon une source Usfpiste, « D.Lachgar ne veut pas que son parti soit un complément arithmétique d’une coalition, mais cherche à s’imposer comme une variable fondamentale de l’équation ». De l’autre côté, certains observateurs avancent que c’est la proximité de D. Lachgar avec le chef de file du PAM Ilyas El Omari et une éventuelle marginalisation de ce dernier au sein de l’opposition, après l’alignement des partis de « l’entente nationale » (Wifaq Watani) contre la présence du PI, qui a rendu Lachgar indécis. Simples spéculations ? Le premier secrétaire de l’USFP, dans un entretien accordé aux médias de son parti, a tenu à mettre les choses au clair : toute participation serait fonction de la composition de la majorité, de son programme et de son architecture. En somme, c’est l’ « absence d’une offre sérieuse de Benkirane » qui a retardé une deuxième rencontre souhaitée par le chef de gouvernement désigné. Rencontre qui pourrait intervenir d’ici vendredi, dans l’intervalle qui sépare le leader socialiste du verdict de la commission administrative quant à l’opportunité d’une participation ou non à la majorité. Quand bien même le BP de l’USFP aie déjà obtempéré au souhait de Benkirane de voir l’USFP rejoindre les autres partenaires de la Koutla. Pendant ce temps, les parti « Wifaq », à savoir le RNI, l’UC et le MP, qui renait 23 ans après sa création par Driss Basri en 1993 pour contrer la Koutla, font bloc et imposent à Benkirane une participation collective sinon rien. Un véritable casse-tête pour le chef du gouvernement car la coalition qui se présente devant lui ne dispose pas de la majorité absolue à la Chambre des représentant (183 avec le PPS et le PI), et encore plus à celle des conseillers, où il ne parviendra pas à trouver d’alliés au cas où les partis de l’entente nationale seraient écartés. Or, une majorité à la chambre haute est indispensable pour permettre à un gouvernement de passer ses projets de lois. Benkirane, qui n’a pas le choix de rendre le tablier et retourner chez lui après le recadrage royal à partir de Dakar, n’a pas d’autre choix que d’accepter les conditions de D.Lachagr ou celles d’Aziz Akhannouch. Mais, il va falloir qu’il attende la tenue de la Commission administrative de l’USFP samedi prochain. D’ores et déjà, selon nombre d’indiscrétions, les usfpéistes divergent. Au moment où certains assurent que la majorité de ses membres sont favorables à une entrée au gouvernement, d’autres mettent en doute « la capacité de Si Driss à convaincre ses acolytes ». Selon des sources dignes de foi, la Commission administrative réserve bien des surprises ». « Elle devrait avoir un double ordre du jour : débattre de l’entrée quoique tardivement, mais aussi discuter la situation de D.Lachgar », assure notre source sous le couvert de l’anonymat. Et de poursuivre que « les frères chercheront bec et oncle à démettre Lachgar qui n’a cessé de multiplier les erreurs tant tactiques que stratégiques ».
Du côté du PJD, certaines sources avancent à travers la presse proche de ce dernier que Benkirane et beaucoup de membres de son secrétariat général craignent que l’USFP n’agisse en « cinquième colonne » au sein de la majorité au regard de sa proximité avec le PAM. A contrario, des socialistes« sans Lachgar seraient plus sûrs et beaucoup moins dangereux ». Les 203 sièges qu’il aura avec l’USFP ne lui permettront de disposer ni d’une majorité confortable recherchée ni d’une assise au niveau de la deuxième Chambre. D’où le passage obligé par la case des partis libéraux. Quitte à négocier avec chacun, au cas par cas. Une revendication de l’USFP qui ne veut pas d’une réunion avec les autres formations de l’ex-Koutla démocratique.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.