Tractations politiques au Liban: La contestation de « la vielle garde » ne faiblit pas…
Tractations politiques au Liban: La contestation de « la vielle garde » ne faiblit pas…

Les manifestants n’ont pas désarmé au Liban où les tractations se multiplient pour dégager une issue à la crise politique que traverse le pays.

Une deuxième rencontre qui a duré quatre heures a réuni autour d’une même table Saad Hariri, chef de gouvernement démissionnaire, à Gibran Bassil, chef de la diplomatie libanaise proche de Michel Aoun, chef de l’Etat.
Dans la forme, les acteurs politiques libanais démontrent qu’ils sont conscients de l’ampleur de la crise et qu’ils comptent y remédier. Et dans le fond, on leur prête même la volonté de répondre aux exigences de la rue qui rejette l’ensemble des figures du système confessionnel en s’éclipsant de la scène.
Mais tout est fonction de la capacité de la rue à continuer à faire pression pour se faire bien entendre.
On signalera aussi qu’une bonne brochette de responsables ayant partie liée avec des scandale politico-économiques seraient sous le coup d’enquêtes diligentées par la Présidence.
M. Aoun donnant le gage du souci de lutte contre la corruption que les manifestants placent au devant de leurs revendications. Et ces derniers l’ont clairement fait savoir en assiégeant nombre d’organismes publics, en tête desquels figure la Banque centrale, mais aussi le domicile de Fouad Seniora, ancien Président du conseil soupçonné d’avoir détourné au moins 11 milliards de dollars…

La contestation a entamé, jeudi, sa quatrième semaine sans s’essouffler. Les manifestants sont de mieux en mieux organisés à travers tout le pays, ralliant de nouvelles catégories sociales avec chaque jour de nouvelles initiatives pour garder intacte l’ampleur de la mobilisation.

Depuis le 17 octobre, des centaines de milliers de personnes, toutes communautés confondues, se sont mobilisées pour dénoncer des dirigeants accusés de corruption et d’incompétence, dans un pays en proie à une grave crise économique.

Sacs à dos sur les épaules, brandissant des drapeaux libanais, allumant des fumigènes colorés, plusieurs milliers d’écoliers et d’étudiants se sont rassemblés devant le ministère de l’Education à Beyrouth, bloquant la circulation, d’après un correspondant de l’AFP.

Des cortèges estudiantins ont aussi défilé dans les rues, rythmés par les applaudissements et les sifflements des jeunes, qui ont chanté l’hymne national.

À Tripoli, deuxième grande ville du pays dans le nord, des centaines de jeunes se sont rassemblés sur la place Al-Nour, selon une correspondante de l’AFP.
« Mouvement populaire, révolution », « révolution contre la corruption », « révolution contre les dirigeants », ont-ils martelé.
Ailleurs, des manifestants ont empêché l’ouverture des bureaux de la compagnie de téléphone publique Ogero et de certaines banques.

Outre Beyrouth et Tripoli, d’autres manifestations estudiantines ont eu lieu à travers le pays, notamment dans les villes majoritairement chiite de Nabatiyé et Baalbek, deux bastions du Hezbollah, selon l’agence de presse ANI.

Mercredi soir, des milliers de femmes se sont rassemblées sur la place des Martyrs au cœur de Beyrouth, tenant dans leurs mains des chandelles allumées.
Accompagnées par les vivats de la foule, les manifestantes ont tapé sur des casseroles dans un joyeux tintamarre.

Les manifestants entendent maintenir la pression jusqu’à ce que toutes leurs demandes se concrétisent – notamment la formation d’un gouvernement de « technocrates » qui ne seraient pas issus du sérail politique traditionnel.
Exaspérés par l’absence de services publics dignes de ce nom, avec notamment de graves pénuries d’eau et d’électricité, les Libanais ne désarment pas.

La Banque mondiale a estimé mercredi que « l’étape la plus urgente » pour le Liban était « la formation rapide d’un gouvernement correspondant aux attentes de tous les Libanais ».

En cas d’impasse persistante, la moitié de la population pourrait sombrer dans la pauvreté et le chômage « augmenter fortement », a averti l’institution, à l’issue d’une rencontre d’une délégation avec le président libanais M. Aoun.

Selon la Banque mondiale, environ un tiers des Libanais vit déjà sous le seuil de pauvreté. Mercredi, le chef de l’Etat a une fois encore assuré que le prochain gouvernement inclurait des « ministres compétents et à l’abri de tout soupçon de corruption ».
Mais plus d’une semaine après la démission de S. Hariri, la nomination d’une nouvelle équipe ministérielle se fait toujours attendre.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Veuillez entrer votre commentaire!
Veuillez entrer votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire le pourriel. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.