Tranctations autour de l’Exécutif : Comment le Roi recadre Benkirane

Tranctations autour de l’Exécutif : Comment le Roi recadre Benkirane
Depuis qu’il a été chargé par le Souverain de constituer le nouvel Exécutif, à l’issue des législatives du 7 octobre dernier, il ne se passe pas de jour sans que la complexité de la tâche à laquelle s’attèle Abdelilah Benkirane ne se révèle au grand jour dans un grand fracas de bulles médiatiques qui polluent l’atmosphère. La dernière en date est à mettre à l’actif du RNI qui se sent floué par l’attitude du leader du PJD prompt à laisser filtrer à une certaine presse des informations infondées sur les prétentions de ses interlocuteurs et leur propension à l’enfermer sous leur diktat. Pour couper court à toutes ces simagrées qui portent préjudice au jeu politique dans sa noblesse, le Roi n’a pas manqué de remettre à qui veut l’entendre les pendules à l’heure. En soulignant, depuis Dakar, que « le Maroc a besoin d’un gouvernement sérieux et responsable ». Point de doute à se faire sur cette parenthèse qui émaille le discours royal dédié à la commémoration de la Marche Verte. Car le risque est grand de voir les marchandages politico-politiciens faisander au grand dam des intérêts suprêmes du pays. Sur un ton d’interpellation, le Roi a rappelé aux uns et aux autres que « la formation du prochain gouvernement ne doit pas être une affaire d’arithmétique, où il s’agit de satisfaire les desideratas de partis politiques et de constituer une majorité numérique, comme s’il était question de partager un butin électoral. Le gouvernement, c’est plutôt un programme clair et des priorités définies concernant les questions internes et externes, avec l’Afrique au premier chef. Un gouvernement apte à aplanir les difficultés héritées des années passées, concernant le respect des engagements du Maroc vis-à-vis de ses partenaires. Le gouvernement est une structuration efficace et harmonieuse qui s’adapte au Programme et aux priorités ». L’enjeu des tractations actuelles dans lesquelles la classe politique semble avoir sombré est remis à l’endroit. Exit donc la guerre des égos hypertrophiés et l’exercice d’une arithmétique à somme nulle. L’essentiel doit provenir d’une plate-forme de gouvernement à négocier entre partenaires pour le bien public. La critique est à peine cachée de l’approche actuelle privilégiée par A. Benkirane, le sondage des partenaires possibles étant fonction des affinités programmatiques à mettre en musique pour que l’action de l’Exécutif ne souffre d’aucune dissonance. Le Roi est allé plus loin en tirant les conclusions qui s’imposent du choix du casting gouvernemental. L’affaire étant entendue au regard des départs ayant émaillé l’expérience du premier cabinet Benkirane. Le choix des femmes et des hommes devant composer le prochain Exécutif ne doit souffrir d’aucune improvisation possible. « C’est un ensemble de compétences qualifiées, avec des attributions départementales bien définies », a rappelé le Souverain. Ainsi posées, les orientations royales ont le mérite d’être clairs dans leur énoncé comme dans leurs objectifs. « Je veillerai, donc, à ce que la formation du prochain gouvernement se fasse conformément à ces critères et suivant une méthodologie rigoureuse. Et Je ne tolérerai aucune tentative de s’en écarter ». Un engagement royal qui vaut son pesant d’or à l’heure où le pays est appelé à faire face à plusieurs urgences socio-économiques, mais aussi politiques et diplomatiques. La classe politique est appelée à tirer les conclusions d’un recadrage royal des plus opportuns.

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