Transition laborieuse au Soudan: Un mort de plus à El Souk !

Transition laborieuse au Soudan: Un mort de plus à El Souk !
Transition laborieuse au Soudan: Un mort de plus à El Souk !

A El-Souk, au sud-est de Khartoum, la fusillade de dimanche 14 juillet impliquant des miliciens FSR a fait au moins un mort et plusieurs blessés, selon le comité des médecins.
La répression des manifestants s’est faite à l’heure où la signature de l’accord de transition se fait attendre.

La tension recommence à monter au Soudan.
Selon des témoins, des manifestants d’El Souk, au sud-est de Khartoum, se sont rassemblés devant le bureau des services de renseignement pour accuser les Forces de soutien rapide (FSR) d’avoir violenté des jeunes et exiger qu’ils quittent la ville.
Les miliciens auraient alors réagi en tirant en l’air puis sur la foule.

L’Association des professionnels soudanais (APS) a aussitôt demandé aux Soudanais de lui transmettre des preuves.
L’APS a dénoncé une « violence excessive menée par des criminels ».
« Les autorités sont pleinement responsables et il n’y aura pas d’impunité », a promis l’organisation.
Un développement inquiétant qui survient alors que le chef des FSR reprend sa rhétorique de fermeté.
Ce week-end lors d’un meeting, Hemetti a reconnu que ses hommes n’étaient pas des anges. Mais il a surtout précisé qu’il fallait vite signer un accord de transition, sinon le pays risquait une confrontation totale.
Ça fait dix jours qu’un compromis a été annoncé, mais les deux parties ne s’entendent pas sur la version finale.
Beaucoup accusent les putschistes de vouloir inclure un passage leur garantissant l’immunité.
Plusieurs sources avaient promis de nouvelles rencontres ce week-end, voire une signature. Mais la coalition civile a annoncé que les pourparlers étaient repoussés à mardi.

Pour rappel, l’accord prévoyait une transition de trois ans et trois mois ainsi qu’un partage des postes dans le Conseil souverain, l’organe qui doit diriger le pays jusqu’aux élections. Cependant, le dialogue traîne, sans pour autant être rompu.
Officiellement repoussée pour des raisons techniques, la signature de l’accord de transition se fait attendre.
Selon l’APS, une nouvelle version du texte a été produite vendredi. « Nous avons beaucoup d’observations », déclare l’organisation, suggérant de nouveaux retards alors que ces délais successifs attisent la suspicion.
Le Parti communiste a déjà dit qu’il ne reconnaîtrait pas l’accord final, parce qu’il ne prévoyait pas d’enquête internationale ni de réforme des forces de sécurité.
En attendant, le mouvement de protestation repart dans un cycle d’actions. Les grandes manifestations de samedi seront suivies d’une semaine d’hommage aux victimes, avec rassemblements, séminaires, réalisation d’œuvres d’art ou encore un projet de monuments à la mémoire des martyrs.
Certains estiment que l’armée fait tout pour pérenniser son pouvoir, allant jusqu’à inventer des… coups d’Etat. Le lieutenant-général Gamal Omar, membre du Conseil militaire de transition, a par ailleurs déclaré que la tentative de coup d’Etat a eu lieu tard jeudi, quelques jours seulement après que les militaires et la coalition pro-démocratie ont donné leur accord pour l’érection du Conseil souverain conjoint. Au moins 16 officiers militaires actifs et retraités ont été arrêtés, a-t-il également fait savoir, tandis que les forces de sécurité poursuivaient le chef du groupe, ainsi que d’autres officiers, qui ont participé à la tentative de putsch.
« La tentative de coup d’Etat a eu lieu à un moment critique, avant la signature de l’accord avec les Forces pour la liberté et le changement », a précisé Gamal Omar, membre du Conseil militaire de transition, faisant référence à la coalition des groupes politiques qui représentent les manifestants pro-démocratie.
Plus tôt cette semaine, le général Abdel-Fattah Burhan a déclaré au journal panarabe Asharq Al-Awsat que le Conseil militaire au pouvoir avait déjoué plusieurs tentatives de coup d’Etat militaire, et que des enquêtes étaient en cours pour déterminer qui était derrière eux. Ni plus ni moins qu’un « canular », pour Tarek Abdel Meguid, un dirigeant des Forces pour la liberté et le changement (DFCF), qui a affiché son scepticisme après l’annonce de Gamal Omar.
« Ils veulent dire que la situation au Soudan est très instable et qu’il y a un Etat profond avec des gens capables d’organiser un coup d’État militaire, alors nous devrions nous dépêcher de signer et de laisser tout point de divergence à discuter plus tard », a déclaré le dirigeant des DFCF à AP.

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