Transition soudanaise: L’accord obtenu in extremis résistera-t-il 
Transition soudanaise: L’accord obtenu in extremis résistera-t-il 

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Est-ce la sortie de crise au Soudan ? Après plusieurs mois de blocages et de graves violences, le médiateur de l’Union africaine a annoncé dans la nuit de ce vendredi 5 juillet que les putschistes au pouvoir et les leaders de la contestation civile avaient trouvé un accord. In extremis. S’inscrira-t-il dans la durée ?

Surprise, les deux camps ont adopté, deux jours après la reprise du dialogue, un compromis.
Y compris en ce qui concerne l’organe principal qui va gérer la transition jusqu’à des élections.
Il s’agit du partage du pouvoir au sein du Conseil souverain, l’organe qui dirigera la transition jusqu’aux élections.

Le conseil militaire, l’ALC, la coalition civile, obtiendraient chacun cinq sièges. Mohamed Hacen Ould Lebatt, le médiateur de l’Union africaine, a annoncé qu’à la présidence de ce nouvel organe, il y aurait « une direction alternée, pour trois ans ou un petit peu plus », selon lui.

Si l’on s’en tient au plan initial de l’UA, ce sont les militaires qui devraient obtenir cette première moitié de présidence.
On attend désormais de savoir combien de temps chaque camp va diriger ce Conseil et surtout quelles personnalités le présideront en alternance.
Des sources parlent d’abord d’un civil au passé militaire, ou encore d’Abdel Fatah al-Burhan, le chef des putschistes.

Les détails techniques de cet accord sont encore attendus.
En tout cas, il s’agit d’une avancée cruciale, car ce Conseil souverain sera le cœur du pouvoir transitionnel. C’est sur son cas que les précédents dialogues avaient bloqué.
La mise en place du Conseil législatif, qui fera office de Parlement de transition, sera, quant à elle, retardée.
Elle viendra après l’installation du fameux Conseil souverain et d’un gouvernement civil qui sera technocratique.

L’autre avancée majeure, c’est la question de la lutte contre l’impunité.
Mohamed Hacen Ould Lebatt a également annoncé un compromis pour une « enquête minutieuse, transparente, nationale et indépendante » sur les violences des dernières semaines.
Le massacre du 3 juin, lors de la dispersion du sit-in, le cœur de la révolution à Khartoum, avait fait des dizaines de morts.
Depuis, les civils réclamaient une enquête internationale. Ils semblent avoir cédé sur ce point.

« Nous voulons rassurer les forces politiques et tous ceux qui ont participé au changement. L’accord sera complet, il n’exclura personne et inclura toutes les ambitions du peuple », a réagi dans la foulée Hemetti.
Et le chef des FSR, les paramilitaires qui ont perpétré le bain de sang, de continuer :
«Nous remercions les médiateurs pour leurs efforts et leur patience. Nous remercions nos frères de la coalition civile pour leur bon état d’esprit».
À l’issue de ces annonces, des scènes de joie ont éclaté notamment à Omdurman, la ville jumelle de Khartoum. « On espère que ce sera le début d’une nouvelle ère », confie Omar al-Degair, un des leaders de l’ALC.

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