Tripoli privé de carburant: L’effet des milices perdure   

Tripoli privé de carburant: L’effet des milices perdure   

La tension persiste en Libye. Et le chaos qui persiste n’en finit pas de générer la cacophonie des divers protagonistes qui revendiquent la légitimité de leur pouvoir. En effet, en début de semaine, alors que le Maréchal Haftar continue son périple à l’international pour mieux asseoir son aura « diplomatique », «un groupe armé est entré de force dans le complexe pétrolier de Zawiya (50 km à l’ouest de Tripoli) lundi (…) obligeant les opérateurs à suspendre l’approvisionnement en carburant des réservoirs de Tripoli», a indiqué la Compagnie nationale de pétrole (NOC) dans un communiqué publié sur son site internet. La NOC a dénoncé un acte de «sabotage» et «décidé de dérouter les pétroliers à destination du port de Zawya vers celui de Tripoli». «Les niveaux des réservoirs de Tripoli sont encore bons», a assuré la NOC, même si la pénurie d’essence n’a pas tardé à se faire sentir dans la capitale, où plusieurs stations-service sont fermées ou fonctionnaient au ralenti. La NOC a promis «des poursuites pénales» contre les auteurs afin de les contraindre à «rouvrir la ligne immédiatement et sans conditions».

L’approvisionnement en carburant de la capitale et sa banlieue est régulièrement perturbé par des milices ou des employés grévistes pour des raisons politiques ou dans le cadre de mouvements sociaux ou de protestation. Ces problèmes traduisent l’échec des instances de transition successives, dont l’actuel Gouvernement d’union nationale (GNA) appuyé par les Nations unies, à asseoir leur autorité sur l’ensemble du territoire du pays.

Dimanche, de violents combats avaient opposé une force de sécurité et une milice d’un ex-trafiquant de migrants, Ahmad Dabbashi pour ne pas le nommer, dans la ville de Sabratha, plateforme libyenne de l’immigration clandestine vers l’Europe. Ces affrontements ont débuté après la mort d’un membre de la milice, connu pour avoir été l’un des barons locaux du trafic de migrants et qui contrôle près de la moitié de cette ville située à environ 70 kilomètres à l’ouest de Tripoli. L’incident a eu lieu à un barrage tenu par une force de sécurité formée initialement par le GNA pour chasser les djihadistes du groupe Etat islamique (EI), qui ont occupé brièvement le centre-ville en février 2016. «Quatre membres de la milice d’Ahmad Dabbashi, qui étaient dans une voiture, ont tiré sur le check-point. Nos hommes ont riposté. L’un (des miliciens) a été tué et trois autres ont été blessés», a déclaré un responsable de la sécurité. «Leur milice a répliqué une demi-heure plus tard et, depuis, les affrontements se poursuivent», a-t-il ajouté. «Ces criminels ne veulent pas d’armée ou d’un rétablissement de la sécurité dans la ville», a-t-il indiqué.

Le même jour, le chef d’un cabinet parallèle basé dans l’est de la Libye, Abdallah Al Theni, a appelé la communauté internationale à reconnaître de nouveau son gouvernement, arguant qu’il contrôle la majorité du pays. «Le gouvernement provisoire est constitutionnellement issu du Parlement élu et puise sa légitimité (…) des urnes», a déclaré par téléphone Abdallah Al Theni, dont le cabinet est basé à Al Baïda, à 1200 km de la capitale Tripoli. «Nous contrôlons, avec notre vaillante armée, plus de 90% du pays», a relevé le même responsable en allusion à l’homme fort de l’Est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, et à la force autoproclamée «Armée nationale libyenne (ANL)» qu’il commande. Il faut que la communauté internationale «respecte la volonté du peuple et soutienne le gouvernement provisoire», a-t-il observé.

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