Tunis, Liban, Egypte, Soudan, Amman : L’heure des « gilets » a sonné !

Tunis, Liban, Egypte, Soudan, Amman L’heure des « gilets » a sonné !
Tunis, Liban, Egypte, Soudan, Amman L’heure des « gilets » a sonné !

Les gilets jaunes ont été adoptés dans les pays arabes. Si la contagion a démarré en Egypte où, à la veille du huitième anniversaire de la révolte de janvier 2011 qui a renversé le régime du président Hosni Moubarak, les autorités ont décidé de soumettre la vente desdits gilets à l’autorisation de la police, elle a vite fait de faire tâche d’huile à Tunis, puis à Beyrouth. Il faut dire qu’à l’approche de janvier, la grogne sociale se fait entendre en Tunisie, poussée par un chômage qui touche plus de 15 % des Tunisiens, voire 30 % des jeunes diplômés, et une inflation qui monte à 8 %, outre la chute du dinar, et la hausse du prix des carburants. Sauf qu’en Tunisie, la contestation prend la couleur rouge, référence faite au drapeau tunisien. Là aussi, la police est intervenue pour saisir des lots importants de gilets jaunes, et rouges.


Au Liban, le mouvement de contestation qui s’est particulièrement cristallisé dimanche dans le centre de la capitale, Beyrouth, a sacrifié, lui, au mimétisme en adoptant les gilets jaunes. Avec moins d’ampleur, des rassemblements de protestation ont également eu lieu à Tripoli et à Mina, dans le Nord, et à Nabatiyé et Tyr, au Sud. Les Libanais protestent contre le blocage gouvernemental qui n’en finit pas de grossir les frustrations socio-économiques. Le mouvement de protestation spontanée est intervenu suite à deux décès d’enfants nécessiteux. Mais il faut souligner que les Libanais ne sont pas à leur première manif de colère, les chroniqueurs n’hésitant pas à rappeler le mouvement drainé par la gestion calamiteuse des déchets de la capitale. Une campagne que les politiques ont bien sentie puisque la foule excédée par autant d’incompétence a choisi pour slogan « Vous puez ! ».
Les Soudanais sans gilets !
Mais la contestation qui fait parler d’elle plus qu’ailleurs est celle qui a été réprimée dans le sang au Soudan. Malgré l’interdiction décidée par le pouvoir, de nouvelles manifestations ont été organisées dimanche 23 décembre dans plusieurs villes soudanaises, y compris dans la capitale. Le renchérissement du coût de la vie, le pain n’ayant pas été épargné, explique cette accès de fièvre irrépressible. A Omdurman, partie ouest de la capitale, Khartoum, une manifestation a eu lieu en soirée à l’issue d’un match de football, réunissant des centaines de personnes. « Après le match (…), des centaines de supporters ont crié : “Liberté, paix et justice” », a indiqué un témoin. Selon un autre, les forces anti-émeutes ont tiré des gaz lacrymogènes sur les protestataires.
La récente décision du gouvernement d’augmenter le prix du pain de 1 à 3 livres soudanaises (de 2 à 6 centimes d’euros) suscite depuis mercredi des manifestations. Elles ont entraîné au moins huit morts – six à Al-Gadaref (est) et deux à Atbara (est) – lors de heurts avec les forces anti-émeutes, selon des responsables et des témoins. Le principal dirigeant de l’opposition, Sadek Al-Mahdi, tout juste rentré d’exil, a dénoncé samedi une « répression armée », et évoqué un bilan supérieur, de vingt-deux morts, impossible à vérifier de source indépendante.
Le Soudan connaît des difficultés économiques croissantes avec une inflation de près de 70 % et une plongée de la livre soudanaise face au dollar. Un groupement de travailleurs de différents secteurs d’activités a appelé dans un communiqué à mener diverses actions de grèves, à commencer par les hôpitaux lundi. « Les médecins n’interviendront que dans les cas d’urgence », a précisé à l’AFP Mohamed Al-Assam, membre de ce groupement. L’atmosphère reste lourde et les policiers anti-émeutes, équipés de matraques et de gaz lacrymogènes, étaient postés aux abords des bâtiments universitaires.
Pour calmer les esprits, les autorités ont annoncé l’arrestation d’une « cellule de saboteurs qui souhaitaient commettre des actes de vandalisme dans la capitale ». Elles ont ajouté que ce groupe comprenait des « membres de partis d’opposition », sans les nommer. Sadiq Youssef, un cadre de la coalition d’opposition des Forces du consensus national, a affirmé samedi que quatorze membres de ce mouvement, dont le président Farouk Abou Eissa, avaient été arrêtés « à la sortie d’une réunion ». Le ministère soudanais des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur du Koweït à Khartoum après que cet Etat du Golfe a appelé ses ressortissants à quitter le Soudan. Plus, le patron des renseignements soudanais voit en la colère de ses concitoyens la main invisible d’Israël !
On signalera aussi que la Jordanie n’échappe pas à la règle. En effet, depuis la mi-novembre, des rassemblements de protestation sont organisée chaque semaine pour dénoncer le renchérissement du coût de la vie et l’incapacité du gouvernement à juguler la crise multiforme qui secoue le Royaume hachémite.

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