Un « khlii » bien marrakchi: L’ONSSA, un dindon de la farce aussi…

Un « khlii » bien marrakchi: L’ONSSA, un dindon de la farce aussi…
Les fins gourmets n’hésitent pas à se faire plaisir en jetant leur dévolu sur un plat bien marocain : le « khlii ». Bouillonnants dans leur graisse, les morceaux de viande séchée, généralement empruntées aux carcasses bovines, sont assaisonnés aux œufs. Mais il fallait faire plus pour que les Marocains n’abandonnent pas ce plat culte. D’où le choix de l’huile d’olive pour remplacer au pied levé le gras dans lequel on conserve désormais les lamelles de viande rouge. Une question de diététique à l’heure où la guerre fait rage entre les partisans ou non du fameux « cholestérol », lui aussi segmenté entre « bon » à conserver et « mauvais » à rejeter. Si le « khlii » est d’abord une culture casanière, il faut dire que l’évolution de la société en a fait un produit sous-traité. Le meilleur étant celui que les étals proposent que ce soit à Fès ou à Marrakech, villes impériales qui en gardent le secret. Mais le plus dur à avaler est ce que les campagnes de contrôle de l’ONSSA nous taisent. Comme ce fut le cas d’un fabriquant de « khlii » qui a choisi de frauder sur la marchandise depuis ses ateliers de Marrakech. L’indélicat en question propose du « khlii » sous étiquette viande rouge, bovine en l’occurrence, alors que les lamelles sont découpées, elles, à partir des carcasses de dinde ! On devine que c’est l’appât du gain qui a fait tourner la tête à cet industriel qui veut faire rapidement fortune sur le dos des dindons de la farce. Reste à savoir à quel trafic le gars s’adonne-t-il dans ses ateliers pour faire ressembler une viande blanche à une viande roue. Gageons que dans cette affaire, c’est la santé du consommateur qui est en jeu.
A ce drame s’ajoute un autre : l’incapacité des équipes de l’ONSSA à faire valoir leur droit au contrôle. L’industriel marrakchi le leur a fait savoir en les congédiant sans ménagement. Pour rattraper ce retard à l’allumage, l’établissement public de veille sanitaire doit renégocier les termes de la loi qui encadre l’activité de ses agents. Le texte serait fin prêt, assure-t-on. En attendant, permis est accordé aux fraudeurs qui manipulent la viande. Dommage pour l’industriel qui aurait gagné des parts de marché en faisant preuve d’honnêteté. Après tout, des amateurs de « khlii » où nagent des morceaux choisis de dinde peuvent bien exister, non ?

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