Un Marocain sur cinq tenté par l’émigration: En désespoir de cause…

Les Marocains ne dérogent pas à la règle. Comme leurs semblables de la rive sud de la Méditerranée, 20% des jeunes veulent émigrer. Selon une enquête redue publique jeudi dernier en Espagne par le Centre des affaires internationales de Barcelone (CIDOB), ce taux prend des proportions plus alarmantes en Tunisie puisque plus de 50% de jeunes sont tentés par la fuite ailleurs. L’enquête a été réalisée, rappelle le CIDOB, dans le cadre du projet Sahwa (« éveil », en arabe) commandé par la Commission européenne, auprès de 10 000 jeunes entre 2014 et 2016.
« Un jeune sur cinq dans les pays arabes analysés veut émigrer. Une proportion qui atteint les 53% dans le cas de la Tunisie », souligne le Centre espagnol qui a travaillé auprès des jeunes vivant en Algérie, en Égypte, au Liban, au Maroc et en Tunisie. Ainsi, six ans après le printemps arabe, « la principale motivation qui pousse ces jeunes à vouloir partir est, une fois de plus économique : trouver un emploi digne et de meilleures conditions de vie ».
La Fondation souligne que le sentiment général partagé par les jeunes de l’ensemble de ces pays est lié à « la frustration et l’exclusion sociale ». Les quatre principaux problèmes identifiés au travers des 10 000 entretiens menés sont le niveau de vie (28%), la situation économique (22%), l’emploi (12%) et le système éducatif (10%).
Le taux de chômage des jeunes dans ces pays est d’environ 30% en 2014, alors que la moyenne mondiale est de 13%, selon l’Organisation internationale du travail. Difficile dans ces conditions de pousser « la porte de l’autonomie et de l’âge adulte », rappelle le Cidob qui remet en cause quelques évidences. « Contrairement à ce qu’on pouvait attendre, plus le niveau d’éducation est important, plus le désir d’émigrer est renforcé ». Le projet Sahwa montre aussi que « les jeunes ne se sentent pas identifiés à leurs institutions, dont ils considèrent qu’elles ne représentent qu’une élite ». Selon l’enquête, « près de 60% des jeunes en âge de voter ne l’ont pas fait aux dernières élections, principalement par manque d’intérêt (44,5%) ».

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