Un prof de philo agressé à Mohammedia: Les chemins de la perdition 

Et voilà que l’on y est ! Lorsqu’un Wali se permet à Marrakech de frapper d’interdit un opus qui remet en cause le très célèbre « Abou Houreira », il ne faut pas s’étonner à ce que des étudiants biberonnés aux croyances rétrogrades osent agresser à même le campus un prof de philo. Ce qui vient de se passer à la faculté de Mohammedia ne doit nullement être passé sous silence. Quelles que soient les circonstances, pareille agression verbale ne doit pas être excusée au motif que rien de grave n’a été perpétré.

Mourad Zouine, enseignant de son  état, a besoin de toute la solidarité que la société marocaine peut lui apporter. Qu’un égaré parmi les brebis qui s’ignorent aie osé le souiller en lui reprochant d’enseigner une matière qui promeut l’apostasie, cela relève de l’intolérable !

Il faut le dire haut et fort.

Sans quoi, c’est vers l’ossification de la société que l’on risque d’avancer inexorablement. Une ossification qui prend aussi les dimensions que l’on connaît aujourd’hui avec le discours creux que d’aucuns perpétuent pour tourner le dos aux langues étrangères sur lesquelles le savoir et sa transmission reposent. Ce n’est pas parce que la langue française est enseignée dans le pays que le système reproduit ipso facto de supposés liens de dépendance à l’égard du colon. Et ce qui vaut pour le français vaut aussi pour l’anglais, le cantonais, le russe, le swahili… Car ce qui manque à ce pays, et là il faut le marteler ad vitam aeternam, c’est un projet de société en fonction duquel la communauté dans son ensemble est censée retrouver sa place parmi les nations. Celles qui apportent une plus value à l’espèce humaine et non plus appartenir à la case des pays producteurs nets d’enfermement sur soi. Ce qui ipso facto engendre le risque de compter aussi parmi les exportateurs nets de terrorisme.

Le Maroc n’a que faire d’un trop plein de démagogie politico-politicienne qui triche sur les termes de la réalité et détourne le regard sur les vices cachés qui minent la société. Le mal est profond et la société gagnerait certainement à être mieux éduquée à séparer le bon grain de l’ivraie. Ce qui exige l’adoption d’un système éducatif qui fait honneur à la raison et à ses angoisses et non plus aux certitudes gérées comme un legs culturel et cultuel des plus confortables. Pour cela, la moindre des choses est de s’accommoder avec le doute et ses vertus. Sans quoi, c’est vers les chemins de la perdition que le pays risque de jeter les ponts. A ses risques et périls.

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