Un tanker « pirate » entre les mains de l’Iran: Une riposte à Londres ?
Un tanker « pirate » entre les mains de l’Iran: Une riposte à Londres ?

L’Iran a annoncé jeudi détenir « un tanker étranger » et son équipage soupçonnés de se livrer à de la « contrebande » de carburant dans le Golfe après une succession d’incidents impliquant des navires-citernes dans cette région sous haute tension depuis plus de deux mois.

Selon les Gardiens de la Révolution, le navire-citerne qui bat pavillon britannique a été arraisonné dimanche 14 juillet « au sud de l’île (iranienne) de Larak », parfois aussi appelée Lark, dans le détroit d’Ormuz.

L’annonce de la saisie du navire survient deux jours après des propos tenus par le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, qui a annoncé que l’Iran répondrait « au moment et à l’endroit opportuns » à l’interception le 4 juillet d’un pétrolier iranien par les autorités britanniques, au large de Gibraltar.

« Ce bateau d’une capacité de 2 millions de barils et avec 12 membres d’équipage à bord avait mis le cap pour livrer du carburant de contrebande (chargé à partir) de bateaux iraniens », indique Sepahnews, le site internet officiel des Gardiens.
Le dossier a été confié à la justice, qui examine actuellement l’affaire.
Mardi, le ministère iranien des Affaires étrangères avait annoncé que la République islamique avait porté assistance à « un pétrolier étranger » ayant « rencontré un problème technique » dans le Golfe.
Plus tôt ce jour-là, l’organisation TankerTrackers, spécialisée dans le suivi des chargements de pétrole, avait indiqué qu’un pétrolier battant pavillon panaméen, le Riah, habitué à faire des allers-retours à travers le détroit d’Ormuz pour ravitailler d’autres navires, était entré dans les eaux iraniennes le 14 juillet.
Selon TankerTrackers, le signal du système automatique d’identification du tanker s’était interrompu à ce moment-là, et la dernière position connue du Riah était au large de l’île de Qeshm, située à moins de 6 milles nautiques à l’ouest de Larak.
Sans plus de détail, les Gardiens de la Révolution ont démenti les allégations de certains « médias occidentaux » selon lesquelles l’Iran détiendrait « un autre navire » étranger depuis quelques jours.

Washington qui cherche à former une coalition internationale pour escorter les navires de commerce dans le Golfe compte sur son allié britannique qui a annoncé mardi sa volonté d’envoyer un troisième navire de guerre dans le Golfe, assurant qu’il s’agissait d’un déploiement « de routine » sans lien avec les tensions actuelles dans la région.

La semaine précédente, Londres avait affirmé que des vedettes militaires iraniennes avait tenté « d’empêcher le passage » par Ormuz d’un pétrolier britannique et qu’un bâtiment de la Navy, le HMS Montrose, venu à sa rescousse, avait dû « lancer des avertissements verbaux » aux navires iraniens pour que les vedettes battent en retraite.
Les Gardiens de la Révolution avaient alors nié toute « confrontation » récente avec des navires étrangers.

Pour rappel, le navire iranien a été saisi le 4 juillet au large du Rocher est soupçonné d’avoir été envoyé à destination de la Syrie pour livrer sa cargaison en violation des sanctions de l’Union européenne visant ce pays.
Sans préciser la destination finale de ce pétrolier (Grace I), l’Iran assure que celui-ci ne faisait pas route vers la Syrie et demande depuis lors la libération « immédiate » du bateau toujours en rade à Gibraltar.

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