Uranium iranien: Paris joue la carte de l’apaisement… 
Uranium iranien: Paris joue la carte de l’apaisement… 

Washington, Paris, Londres et Tel-Aviv sont échaudés à l’idée de voir l’Iran accumuler de l’uranium enrichi. Si la France est tentée par une médiation, la Russie rappelle que la violation de l’accord n’est pas l’œuvre de l’Iran.

Le Président américain et son homologue français se sont entretenus lundi par téléphone au sujet de l’augmentation du taux d’enrichissement de l’uranium en Iran, annonce la Maison-Blanche.
«Ils ont discuté des efforts en cours pour empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire et pour mettre fin à son comportement déstabilisateur au Moyen-Orient», a déclaré un porte-parole de la Maison-Blanche.

Plus tôt dans la journée, l’Élysée a annoncé que le conseiller diplomatique d’Emmanuel Macron qui s’était déjà rendu à Téhéran mi-juin, y serait de nouveau mardi et mercredi pour contribuer à «une désescalade». Il s’agit d’Emmanuel Bonne.

Rappelons que samedi soir, le Président français avait annoncé vouloir «explorer d’ici au 15 juillet les conditions d’une reprise du dialogue avec toutes les parties».
C’était après un entretien téléphonique avec Hassan Rohani.

Le 7 juillet, Téhéran a annoncé qu’à partir de ce jour, l’enrichissement de son uranium dépasserait les 3,67%, soit au-dessus de la limite fixée par l’accord de Vienne.
Les responsables iraniens ont également déclaré que Téhéran continuerait à réduire ses engagements tous les 60 jours à moins que les signataires du pacte ne le protègent des sanctions américaines.
Le taux de 5% d’enrichissement de l’uranium que l’Iran aspirerait à atteindre reste encore nettement en deçà des 20% d’avant la conclusion de l’accord de 2015, et bien en dessous aussi des quelque 90% qui conviennent pour une arme nucléaire.
L’Iran avait également menacé à partir de dimanche de reprendre son projet initial de construction d’un réacteur nucléaire à Arak mis en sommeil en vertu de l’accord de Vienne.
En parallèle, à Moscou, le ministère russe des Affaires étrangères a souligné que les déclarations de l’Iran concernant ses plans de renoncer progressivement à ses obligations dans le cadre de l’accord nucléaire «ne doivent pas susciter de remous», car il ne s’agit que «d’obligations volontaires de l’Iran prises dans l’esprit de compromis».
La diplomatie russe va plus loin. En soulignant que « les termes de l’accord ont été gravement violés il y a longtemps. Et ce n’est pas l’Iran qui l’a fait comme nous tous le savons
Une nouvelle date d’une réunion concernant l’accord nucléaire est prévue.
Il s’agit, aux yeux de Moscou, d’«une opportunité » d’examiner concrètement cette question lors d’une réunion extraordinaire du Conseil des gouverneurs de l’AIEA le 10 juillet, qui, « ironiquement, est convoquée à la demande des États-Unis qui ont refusé il y a un an de s’acquitter de toutes leurs obligations dans le cadre du JCPoA et violant la résolution de l’Onu 2231, mais exigeant que l’Iran continue à remplir toutes les clauses de l’accord.»

Réagissant aux récentes décisions de Téhéran, le porte-parole adjoint du secrétaire général de l’Onu, Farhan Haq, a jugé que l’augmentation du taux d’enrichissement de l’uranium en Iran n’aidera pas à préserver l’accord.
«Le secrétaire général sait que l’Iran a probablement commencé à enrichir de l’uranium en dépassant les 3,67% fixés par le JCPoA. En cas de confirmation, de telles actions de l’Iran n’aideront ni à préserver l’accord, ni à garantir des avantages économiques concrets pour le peuple iranien», a-t-il précisé lors d’une conférence de presse.

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