Vive tension en Tunisie: Les Islamistes tentés par la répression

Vive tension en Tunisie Les Islamistes tentés par la répression
Vive tension en Tunisie Les Islamistes tentés par la répression

Le gouvernement Chahed gère, pour l’heure, avec tact la colère qui sourd en Tunisie, particulièrement dans la région de Kasserine, marginalisée. Le droit de manifester paisiblement a été rappelé à cette occasion par le Patron de l’Exécutif qui s’inscrit en faux vis-à-vis de l’appel lancé par les islamistes d’Ennahda de réprimer ce qu’il qualifie de « fauteurs de troubles » qui veulent « torpiller la révolution » tunisienne.

On signalera que dans le centre-ouest tunisien, les jeunes en proie au chômage ne décolèrent pas. Eux qui se voient de la sorte promis à la contrebande pour survivre. Dans la soirée de mercredi, un grand nombre de contrebandiers ont attaqué un poste frontalier de la garde nationale au niveau de la région de Boudrias à Foussana dans le gouvernorat de Kasserine. Selon le porte parole de la garde nationale, les unités sécuritaires ont procédé à l’arrestation de deux contrebandiers. Il a par ailleurs affirmé que 3 autres individus ont été arrêtés à Foussana pour actes de violence et de vandalisme. Il a ajouté que plusieurs cocktails Molotov ont été saisis.
Suite à la mort d’un journaliste dans la nuit du 24 au 25 décembre, plusieurs villes de l’intérieur du pays ont connu des violences ces derniers jours, signe d’une pression sociale étouffante dans les régions reculées du pays. Kasserine, Foussana, Tebourba et Jebiniana ont connu des heures difficiles après la mort d’Abdel Razzaq Zorgui, journaliste trentenaire qui couvrait depuis plusieurs semaines une protestation de chômeurs.
Les affrontements entre jeunes et forces de l’ordre qui se produisent depuis la mort du cameraman ont donné lieu à une trentaine d’arrestations. Redoutant une manipulation contre le pouvoir en place, le ministre de l’Intérieur a annoncé l’arrestation de personnes qui auraient « distribué de l’argent et des cartes de recharges téléphoniques aux manifestants afin de troubler l’ordre public ».
De leur côté, les avocats exerçant à Kasserine sont entrés dans le mouvement en manifestant. Ils affichent leur solidarité avec les protestataires. Certains annoncent même leur intention de défendre les jeunes récemment arrêtés par la police.
Les manifestants dénoncent l’extrême pauvreté, les humiliations récurrentes, le chômage de masse et la pression sociale qui pèsent sur les jeunes de la région, l’une des plus pauvres du pays. Huit ans après avoir été l’un des lieux déclencheurs de la révolution, cette ville de l’intérieur des terres attend toujours les retombées économiques pour lesquels tant de jeunes s’étaient révoltés.
L’UGTT en force
Dans ce climat tendu, gouvernement et Ugtt, puissante centrale syndicale, ne s’accordent toujours pas sur le montant des augmentations dans la fonction publique. Devant cet échec, Noureddine Taboubi, S.G de la centrale multiplie les mises en garde au cas où les propositions gouvernementales seraient en-deçà des attentes des fonctionnaires. Le 17 janvier, date programmée pour une manifestation des fonctionnaires qui constitue un test pour l’UGTT, « sera une journée pas comme les autres et ne ressemblera en rien à la grève du 22 novembre, car ce sera une étape charnière dans l’histoire du pays», a laissé entendre le leader syndical dans une interview à l’hebdomadaire « Acharaa El magharibi.
Interrogé sur la position du président de la République qu’il avait rencontré dernièrement, il a déclaré que «les prérogatives du président sont certes limitées. Mais il est responsable de la sécurité du pays en tant que commandant suprême des armées et élu au suffrage universel. A ce titre, il pourrait intervenir auprès des institutions financières internationales, car malheureusement, nous avons perdu notre souveraineté».
Jeudi, présidant la conférence des cadres régionaux de l’union, N. Taboubi a affirmé que la centrale syndicale s’oriente vers sa grève générale du 17 janvier en raison de l’échec des négociations avec la partie gouvernementale. Echec imputable aux manque de sérieux dans les propositions du gouvernement.
Taboubi a présenté, à l’occasion, le programme d’actions protestataires et des rassemblements des travailleurs que la centrale compte organiser au cours de la prochaine période qui démarreront avec un grand rassemblement ouvrier dans la région du sud le 3 janvier à Gabès. Un autre rassemblement aura le 6 du même mois pour le nord à Beja et le 12 à Sousse, dans le centre du pays. Un tour de piste avant la grève générale et un grand rassemblement national, le 17 janvier, à la place Mohamed Ali.

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