Voiture autonome: Ford change de pilote pour rester dans la course!

Confronté à une baisse de ses ventes et du cours de son action, le constructeur automobile Ford, dans le but de sauver les meubles, a sacrifié son PDG Mark Fields, en poste depuis trois ans, sur l’autel des marchés financiers friands des nouveautés de la Silicon Valley. En effet, les marchés financiers semblent actuellement préférer parier sur Tesla qui, malgré sa faible production, est passée devant Ford puis GM au rang de premier constructeur automobile américain en termes de capitalisation boursière. Ce limogeage traduit ainsi la fragilité des géants de Detroit, berceau de l’automobile américaine, face aux entreprises de la Silicon Valley et leurs technologies avancées. Mark Fields, qui avait pour objectif de vendre 13 modèles électriques dans les cinq prochaines années et une voiture autonome en 2021, a vu son rêve s’évaporer puisque l’action Ford a perdu près de 40% de sa valeur depuis son arrivée du fait du retard accusé dans la concrétisation de cette stratégie et, surtout du fait que la plupart de ses concurrents évoquent l’horizon 2020 pour leur voiture autonome. Un détail de poids puisque les investisseurs qui ont sanctionné Ford estiment que la marque à l’ovale bleue tarde à tester sur route sa flotte de voitures autonomes et pointent son absence du marché des véhicules électriques. Le choix du nouveau PDG n’est pas anodin. Jim Hackett, spécialiste des véhicules autonomes, serait selon Bill Ford, président exécutif du groupe et descendant du fondateur du groupe Henry Ford, la bonne personne pour diriger Ford pendant cette transformation de l’industrie automobile et de la mobilité en général. Et Ford ne peut se permettre d’être en retard, encore moins être dans le flou sur les efforts consentis dans le développement de la voiture autonome. Et la réaction du marché ne s’est pas fait attendre. Suite à l’annonce du changement de PDG, l’action Ford progressait de 1,52% à 11,03 dollars à l’ouverture de Wall Street. Mais rien ne prouve que cette décision soit la bonne car Ford, comme les autres géants de Detroit General Motors et Fiat Chrysler, demeure sujette aux avantages et inconvénients attachés à tout constructeur traditionnel comme le confirme Jack Nerad de Kelley Blue Book pour l’AFP : « Il a des ressources manufacturières, marketing et recherche et développement importantes », ce qui est lourd financièrement, et « essaie en même temps de déterminer quel intérêt les consommateurs accordent aux véhicules autonomes ». A l’inverse, « les entreprises technologiques n’ont pas à se soucier de leurs investissements parce qu’elles n’ont pas à supporter le coût des usines ». Voilà le vrai dilemme des Big Three qui doivent lutter perpétuellement pour ne pas rester à la traîne.

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